Au Barefoot Collège international (Bci), des femmes, pour la plupart non instruites, ressortent avec des compétences avérées dans l’installation et l’entretien de kits solaires. Ce centre d’apprentissage implanté à Toubab Dialaw, dans la commune de Yène, département de Rufisque, s’affirme au fil des années comme un générateur d’électricité dans les zones rurales à travers le programme des «mamans solaires» qui ont en charge, une fois les compétences acquises, de prolonger l’expérience dans leurs villages.
Une nouvelle cohorte de 8 femmes, venues des îles du Saloum a bouclé, mardi, une formation de trois mois, ponctuée par une cérémonie de remise de diplômes. «Au terme de cette formation qui finit officiellement aujourd’hui, elles vont retourner dans leurs villages et électrifier des maisons. C’est une avancée importante pour des femmes qui, pour la plupart, ne sont pas instruites, mais qui, avec beaucoup de résilience, d’abnégation, de détermination, ont passé la formation avec brio. Elles sont tout à fait outillées pour aller installer les kits solaires, les entretenir, les réparer au besoin. Elles vont être des phares et des lumières dans leurs communautés qu’elles vont transformer», a expliqué Karine Sar, directrice du Bci. «Ça protège l’environnement parce que ça diminue la déforestation due à la coupe des troncs d’arbres pour faire la cuisine et autres», a-t-elle évoqué comme effet positif, rappelant que la session a aussi permis de «capaciter» les nouvelles «ingénieures solaires» en digitalisation, saponification et autres.
Il est attendu d’elles, à leur retour, un transfert de ces aptitudes à leurs communautés respectives. Mme Sar a profité de l’occasion pour remercier Dp World qui assure le financement pour les différentes cohortes qui passent au Bci. «On a jugé utile d’aller vers des populations reculées et pour lesquelles l’accessibilité à l’électricité n’est pas automatique. C’est la raison pour laquelle ces femmes ont été choisies sur le tas et on a décidé de financer la formation avec Barefoot College, qui est le partenaire d’implémentation, qui a le savoir-faire technique», a noté Fatou Thiam, directrice des Ressources humaines de Dp World. «Le coût du projet s’élève à un total de presque 300 mille dollars pour cette cohorte. Ça doit être dans les 200 millions francs Cfa et ça englobe tout ce qui est logement, formation, et aussi l’équipement avec lequel elles vont repartir et qui va leur permettre de mettre en place ces implémentations solaires au niveau de leurs villages», a-t-elle noté.
Cette 6e cohorte vient agrandir, après quatre années, le réseau des «mamans solaires» qui bénéficient, même après leur retour, du suivi et de l’assistance de Barefoot pour la matérialisation de leur savoir-faire dans leurs contrées respectives.
Par Alioune Badara NDIAYE – abndiaye@lequotidien.sn
