En visite de travail à Washington depuis ce dimanche 13 septembre 2026, le chef de l’Etat déploie une offensive de charme auprès du patronat américain et des géants de la Tech, enregistrant déjà une promesse de 300 millions de dollars. Mais le véritable clou de ce séjour diplomatique reste sa rencontre cruciale ce mardi avec Kristalina Georgieva, Directrice générale du Fmi, destinée à accélérer le décaissement des crédits de l’ordre de 2, 2 milliards de dollars.

Le marathon diplomatique et économique du Président Bassirou Diomaye Faye a démarré sur les chapeaux de roue dans la capitale américaine. Arrivé ce dimanche 13 septembre 2026 à Washington -première étape d’un déplacement officiel qui le conduira ensuite aux Emirats arabes unis jusqu’au 17 septembre-, le chef de l’Etat s’est immédiatement attelé à consolider l’image financière du Sénégal et à attirer des capitaux privés frais.

Si les rencontres avec les capitaines d’industrie américains ont permis de poser les bases d’engagements financiers concrets, le rendez-vous le plus stratégique et attendu de ce séjour aura lieu ce mardi 15 septembre.

Le Président Bassirou Diomaye Faye doit s’entretenir en tête-à-tête avec Kristalina Georgieva, Directrice générale du Fonds monétaire international (Fmi).

Cette audience intervient seulement quelques jours après la signature d’un accord technique clé entre l’institution de Bretton Woods et les autorités sénégalaises. La rencontre de ce mardi vise un objectif clair : pousser davantage l’entente entre les deux parties et accélérer le processus de validation par le Conseil d’administration du Fmi. Même si le processus est encore long avec l’aval du Conseil d’administration.

En insistant auprès du Fmi dès ce mardi, le pouvoir sénégalais cherche à verrouiller au plus vite le programme d’appui financier. L’obtention du feu vert du Conseil d’administration et le décaissement des crédits ne fourniront pas seulement des liquidités immédiates au Trésor public : ils serviront de «tampon de crédibilité» institutionnel. C’est précisément ce signal de rigueur budgétaire et de transparence que réclament la Chambre de commerce des Etats-Unis et le Corporate Council on Africa pour transformer leurs promesses d’intention en Investissements directs étrangers (Ide).

Le ton employé par le chef de l’Etat lors de ses réunions («On ne peut pas être assis sur une mine d’or et tendre la main») s’inscrit dans une ligne politique de souveraineté assumée. En exposant en toute transparence l’état réel des finances publiques héritées et les réformes d’assainissement engagées, Bassirou Diomaye Faye cherche à se démarquer des logiques d’assistance classiques. L’objectif est de substituer à l’aide publique au développement un partenariat commercial gagnant-gagnant axé sur la création d’emplois locaux et le transfert de technologies.

En enchaînant Washington (centre de la finance mondiale et américaine) puis les Emirats Arabes Unis (hub de capitaux du Golfe), la Présidence sénégalaise montre sa volonté de diversifier ses sources de financement.

Le Sénégal cherche à combiner l’expertise technologique américaine (à l’image du contrat de 300 millions de dollars signé avec Cybastion) et la rigueur des bailleurs multilatéraux pour poser les bases de son nouvel écosystème économique.

Ce lundi 14 septembre a été marqué par une intense activité auprès de la communauté des affaires américaine, structurée autour de trois audiences majeures : dès le début de la matinée, le Président a reçu la direction de la société américaine de cybersécurité Cybastion, conduite par son Pdg, le Dr Thierry Wandji. A la clé : l’annonce de la mobilisation de 300 millions de dollars pour financer la digitalisation, les data centers et la lutte contre la cybercriminalité au Sénégal, tout en associant les start-ups locales au projet.

Audience avec des dirigeants de Kosmos Energy

A la Chambre de commerce des Etats-Unis dont la délégation est menée par Mme Kendra Gaither (U.S.-Africa Business Center) et comprenant des dirigeants d’entreprises comme Motorola solutions Kosmos Energy, le chef de l’Etat a vanté la stabilité institutionnelle du pays et sa proximité géographique avec les Amériques. Une telle rencontre n’est pas anodine, surtout dans un contexte de polémiques sur le retrait de Kosmos de Yakar Teranga qui crée une nouvelle polémique dans ce pays.

En clôture de sa matinée, M. Faye s’est entretenu avec Mme Florizelle Liser et les dirigeants du Cca pour présenter les opportunités sénégalaises dans l’agriculture, la transformation locale, l’énergie et les infrastructures sous-régionales.

En attendant l’étape émiratie, le Président sénégalais sait que l’issue de son tête-à-tête avec la patronne du Fmi sera le vrai juge de paix de cette mission. Si la promesse de 300 millions de dollars de Cybastion confirme l’attractivité retrouvée de Dakar, c’est bien le feu vert de l’institution bancaire internationale qui scellera la crédibilité de la nouvelle trajectoire économique sénégalaise, notamment pour Bassirou Diomaye Faye, qui cherche à imposer une nouvelle grammaire diplomatique.

bsakho@lequotidien.sn