Par Abdoulaye KAMARA – Mamadou Camara, actuel Infirmier-chef de poste (Icp) à Médina Gounass, et ses anciens collaborateurs du Comité de développement sanitaire du Poste de santé de Kounkané (département de Vélingara) sont sortis libres après leur audition par le Pôle judiciaire financier (Pjf) à Dakar. Ils ont bénéficié d’une liberté provisoire. Malgré cette décision de Justice, la colère n’a pas faibli chez les syndicats de santé du Sénégal. Hier jeudi, le personnel de santé de la région de Kolda, membres du Sas, du Sutsas, du Sames, du Syntras, du Synfems, foulards et brassards rouges visibles sur différentes parties du corps, se sont retrouvés dans la salle des réunions du Centre de santé de Vélingara pour dénoncer ce qu’ils qualifient de «précédent dangereux qui a nécessité la mobilisation de tout le personnel de santé des 76 districts de santé du Sénégal pour dire plus jamais ça».
Leur porte-parole du jour, Ousseynou Keïta, Secrétaire général régional du Sutsas/And-geusseum, a rappelé les circonstances de la privation de liberté de leur collègue et de ses collaborateurs de son ancien lieu de service. Il a dit : «Le maire de Kounkané a engagé un cabinet privé pour faire un audit de 3 ans de la gestion financière du Cds du Poste de santé de Kounkané, sans passer par les voies légales. Un audit qui a pris juste 4 jours. Nous doutons de la crédibilité de l’audit. On prétend que le Cds a généré des recettes de 126 millions de F Cfa dans les 3 ans visés. Ce n’est pas faisable dans les structures de santé de la localité qui ont du mal à couvrir tous leurs besoins sur fonds propres.»
Le syndicaliste reconnaît qu’il y a des défaillances dans la chaîne des responsabilités. M. Keïta ajoute : «Si tout le monde, à commencer par le maire, faisait son travail normalement, ce problème ne serait jamais survenu. Les Icp sont les bras techniques des maires en matière de santé. Le maire nomme un comité de direction qu’il dirige et qui doit se tenir tous les 3 mois pour en connaître de la gestion (recettes-dépenses et recommandations) du Cds. L’infirmier en chef aussi le fait au niveau de sa structure avec ses collaborateurs chaque mois. Les accusations contre notre collègue sont fallacieuses et nous nous félicitons de la décision judiciaire qui est sortie du Pjf. La place d’un agent de santé n’est pas dans les lieux de détention mais dans une structure de santé pour administrer des soins. Plus jamais ça !»
D’ailleurs, selon les agents de santé des 3 départements de la région de Kolda réunis à Vélingara, «dans les manuels de procédure des Cds, il n’est mentionné nulle part que l’Icp est responsable d’une faute de gestion financière». Ils justifient leur forte mobilisation par ce qu’ils considèrent comme un précédent dangereux qui peut fragiliser les agents de santé dans l’exercice de leurs missions.
Les autorités locales aphones
Les organisations syndicales entendent ainsi alerter leurs collègues à travers tout le Sénégal et invitent les différentes sections régionales à se mobiliser pour défendre les intérêts des professionnels de santé.
Le Quotidien a voulu donner la parole au maire de Kounkané. Siradio Dia a mis Le Quotidien en relation avec le conseil de la commune, Me Seydi. Appelé, Me Seydi n’a pas décroché son téléphone. Nous lui avons envoyé un message expliquant l’objet de l’appel. Le message est resté sans suite.
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