Malgré la suspension de la tournée ministérielle suite au tragique accident qui a coûté la vie au directeur de l’hôpital de Matam, les activités de dépistage, de sensibilisation et de vaccination se poursuivent à Pété, Cas-Cas et Aéré Lao. En 48 heures, les équipes déployées dans le département de Podor présentent un bilan très positif, tandis que le ministre de la Santé, Dr Ibrahima Sy, annonce des investissements inédits de 100 milliards de F Cfa pour la lutte contre le cancer.

Malgré la suspension des activités officielles en présence du ministre de la Santé et de l’hygiène publique, Dr Ibrahima Sy -suite au décès accidentel du directeur de l’hôpital de Matam-, les opérations de dépistage, de sensibilisation et de vaccination se poursuivent sur le terrain, notamment dans les localités de Pété, Cas-Cas et Aéré Lao.

Au terme des premières 48 heures d’intervention, les équipes médicales dressent un bilan particulièrement satisfaisant : 12 localités couvertes par les unités mobiles, 8500 personnes mobilisées et sensibilisées, 3420 femmes dépistées et 1150 jeunes filles vaccinées contre le Papillomavirus humain (Hpv).

Cette stratégie de proximité s’appuie sur des données scientifiques établies en partenariat avec le Centre de recherche sur le cancer.

Rapportant les chiffres alarmants de ce centre pour souligner l’urgence d’une action nationale, le ministre Ibrahima Sy a rappelé l’ampleur du problème : «Chaque année, 14 358 nouveaux cas de cancer sont enregistrés au Sénégal, entraînant 9659 décès. Plus de 60% de ces cas touchent les femmes.» Le ministre a précisé le poids prépondérant des pathologies féminines : «Les cancers du col de l’utérus et du sein représentent à eux seuls la majorité de ces diagnostics, avec 2280 nouveaux cas par an. Nous déplorons chaque année 1362 décès liés au cancer du col de l’utérus et 1041 décès dus au cancer du sein.»

Pour inverser cette tendance, le gouvernement déploie un plan d’envergure. Dr Ibrahima Sy a annoncé une enveloppe globale de 100 milliards de francs Cfa dédiée à la lutte contre les cancers du sein et du col de l’utérus, afin de «consolider le continuum complet des soins, depuis la sensibilisation et le dépistage jusqu’à la prise en charge et aux soins palliatifs».

Equipements et infrastructures : un état des lieux de la riposte nationale

Outre le bilan de la campagne à Podor et la situation épidémiologique nationale, le ministre de la Santé a fait le point sur le renforcement du plateau technique à l’échelle du pays : «Sur instruction du président de la République, nous sommes passés des paroles aux actes en rouvrant le Centre de radiothérapie de l’hôpital Aristide Le Dantec, fermé depuis quatre ans. Nous avons également amélioré les performances des équipements de radiothérapie des hôpitaux de Touba et de Dalal Jamm, doublant ainsi notre capacité d’accueil pour les nouveaux patients.» A ces réalisations s’ajoutent le renforcement de la gratuité de la chimiothérapie et l’augmentation des subventions pour la radiothérapie.

Le ministre a conclu sur les perspectives à court terme : «Nous avons accéléré la construction du Centre national d’oncologie de Diamniadio d’une capacité de 150 lits, dont l’ouverture est prévue d’ici la fin de l’année. Enfin, en partenariat avec l’Ordre des pharmaciens et l’Unicef, nous avons mis en place une plateforme garantissant l’accès aux médicaments pour les enfants atteints de cancer.»