Par Justin GOMIS – Devant la grande porte du campus social de l’université Cheikh Anta Diop, la file d’étudiants s’étire petit à petit le long du campus. Sacs à dos chargés, valises poussiéreuses et d’autres matériels enroulés sous le bras : les étudiants sont de retour. Pour beaucoup, cette réouverture est bien plus qu’une simple formalité administrative, c’est la fin d’un calvaire logistique et d’une menace sur leurs études. «C’est un immense soulagement», confie Moussa, étudiant en troisième année de Droit, le visage marqué par la fatigue mais illuminé d’un sourire. «Depuis la fermeture, je devais loger chez un parent lointain à Keur Massar. Entre le transport et les conditions de révision, c’était devenu intenable. Revenir au campus, c’est enfin pouvoir se concentrer sur les examens.»

Comme Moussa, ils sont près de 30 000 à dépendre directement des services du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud). Les résidences sont restées closes pour des raisons de sécurité et de réhabilitation après les évènements de la dernière fois, qui ont provoqué la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba. Une sécurité renforcée et des accès désormais mieux contrôlés accueillent les résidents.

Une sécurité et une hygiène au cœur des priorités

Le Coud n’a pas lésiné sur les moyens pour ce nouveau départ, avec un accent mis sur la gestion des flux. «Nous avons procédé à une vérification rigoureuse des listes de codification. L’objectif est d’assurer un environnement sain et sécurisé pour permettre aux étudiants de réussir leur année académique», explique un responsable du service de sécurité à l’entrée du Pavillon A. Les restaurants universitaires, véritables poumons du campus, ont également rouvert leurs portes.

Un défi de pacification durable

Si la joie est lisible sur les visages, une question demeure sur toutes les lèvres : la stabilité sera-t-elle au rendez-vous ? Les autorités universitaires, tout comme les amicales d’étudiants, appellent à la responsabilité de chacun. Cette réouverture s’inscrit dans une volonté de pacification de l’espace universitaire, alors que le calendrier académique a été lourdement impacté par les crises passées. Les représentants des étudiants, tout en saluant ce retour à la normale, rappellent que les défis restent nombreux, notamment la question du surpeuplement des chambres et l’amélioration continue des services de santé au sein du campus.

La réouverture du campus social de l’Ucad dépasse le cadre académique. En retrouvant sa vie estudiantine, l’université de Dakar renoue avec sa vocation de temple du savoir et de creuset de la jeunesse africaine. Hier soir, les lumières des pavillons ont brillé à nouveau sur Dakar, signe que l’université a bel et bien repris ses droits.

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