Avec une note de 42/100 en matière de transparence, le Sénégal reste en deçà du seuil requis, selon la dernière Enquête sur le budget ouvert présentée par l’Ong 3D et l’International budget partnership (Ibp). Si des avancées timides sont notées sur la participation citoyenne, le recul du contrôle parlementaire et juridictionnel inquiète.

Par Justin GOMIS – Le Sénégal n’est pas encore un bon élève en matière de transparence budgétaire, malgré quelques avancées mesurées. C’est ce qui ressort des résultats de l’Enquête sur le budget ouvert, rendus publics par l’Ong 3D en collaboration avec l’International budget partnership (Ibp).

«Le Sénégal a obtenu la note de 42 sur 100 en matière de transparence, ce qui se situe en deçà du seuil minimal requis, fixé à 61 sur 100», a informé Cheikh Tidiane Cissé, Directeur administratif de l’Ong 3D. Toutefois, en matière de participation citoyenne, le pays enregistre un léger bond : «Alors qu’en 2021 nous étions notés 0 sur 100, nous atteignons aujourd’hui 6 points sur 100. C’est un progrès qui témoigne des efforts de l’Etat en matière d’accès à l’information et d’implication des citoyens», a-t-il précisé.

Recul du contrôle institutionnel et décalage avec le Bénin

Le tableau est, en revanche, moins reluisant du côté du contrôle budgétaire, exercé par l’Assemblée nationale et la Cour des comptes.

Sur ce volet, le Sénégal enregistre une régression, sa note passant de 33/100 lors de la précédente évaluation à 31/100 aujourd’hui.

Pour Cheikh Tidiane Cissé, ce bilan mitigé appelle à une remise en question : «Ces résultats méritent d’être interrogés pour que le Sénégal puisse au moins atteindre les standards de la sous-région.» A ce titre, le cas du Bénin est souvent cité en exemple.

«Le Bénin dépasse de loin le Sénégal. Nous devons nous en inspirer pour mettre en œuvre des mécanismes qui ouvrent davantage la gestion budgétaire aux citoyens», a-t-il souligné.

Renforcer le rôle de l’Assemblée nationale

La restitution de cette enquête doit servir de point de départ à une analyse approfondie. L’objectif pour les différentes parties prenantes est d’identifier les goulots d’étranglement afin de bâtir un plan d’actions efficace en vue des prochaines évaluations. Parmi les pistes de solution avancées, figure le renforcement impératif du contrôle institutionnel. «L’Assemblée nationale exerce un contrôle, mais celui-ci manque encore d’effectivité. Nous invitons les parlementaires à exposer les difficultés rencontrées sur le terrain afin de définir, avec l’appui de notre partenaire Ibp, des mécanismes capables de lever ces contraintes», a préconisé M. Cissé. L’enjeu ultime de ce plaidoyer mené par la Société civile est de démocratiser l’information financière sur l’ensemble du territoire. Selon le Directeur administratif de l’Ong 3D, l’ambition est de permettre «à chaque citoyen, même dans les zones les plus reculées, d’accéder à ces données pour apprécier la gestion des finances publiques et évaluer la qualité des investissements consentis dans les services essentiels comme la santé, l’éducation ou l’accès à l’eau».

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