Dans une dynamique impulsée par la «Vision Sénégal 2050», le ministre de l’Environnement et de la transition écologique, Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, a effectué, les 5 et 6 janvier 2026, une tournée d’inspection cruciale. De la montagne de déchets de Mbeubeuss aux rivages menacés de Bargny, le ministre a tracé les contours d’un Sénégal «zéro déchet» et résilient face au changement climatique.
Par Abdou Latif MANSARAY – Entre urgence climatique et ambition de modernisation, le ministre de l’Environnement et de la transition écologique, Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, a bouclé, ce mardi, une tournée marathon de 48 heures. De la réhabilitation de Mbeubeuss à l’érosion côtière de Bargny, ce périple marque une accélération majeure dans la mise en œuvre de la «Vision Sénégal 2050» prônée par le Président Bassirou Diomaye Faye. Lundi 5 janvier, la première étape de la tournée a mené le ministre de l’Environnement et de la transition écologique sur le site hautement symbolique de Mbeubeuss. Longtemps perçue comme une plaie environnementale, la décharge est aujourd’hui au cœur du Promoged (Projet de promotion de la gestion intégrée et de l’économie des déchets solides). Le ministre a insisté sur une rupture de paradigme : il ne s’agit plus simplement de déplacer le problème, mais de transformer les déchets en ressources. Aujourd’hui, les travaux en cours sont relatifs à la mise en place d’unités de tri et de compostage. L’objectif social est d’améliorer les conditions de vie des riverains et de sécuriser sanitairement la zone. Ainsi, un dialogue direct avec les entreprises et les populations locales est nécessaire pour lever les blocages techniques.
Préserver les «Poumons Verts» de Dakar
La suite de la tournée a mis en lumière la nécessité de l’urbanisme durable. Au Parc paysager de Cambérène, le Dr Diouf a instruit la Direction des paysages urbains (Dpuep) de repenser la gestion des espaces publics.
Le mardi 6 janvier, l’attention s’est portée sur la Réserve naturelle urbaine de la Technopole. Ce sanctuaire de 650 hectares, dernier vestige des Niayes à Dakar, est une pièce maîtresse de la résilience urbaine. «Cette réserve est un rempart naturel contre les inondations et un réservoir de biodiversité vital pour 600 producteurs locaux», a rappelé le ministre, fustigeant au passage les pressions anthropiques (immobilières et industrielles) qui menacent ce patrimoine classé.
L’urgence de Bargny : le trait de côte recule de 140 mètres
L’étape de Bargny a permis de confronter les théories aux dures réalités du changement climatique. Avec un recul historique du trait de côte de 140 mètres en 71 ans, la ville est en première ligne de l’avancée de la mer. Dr Abdourahmane Diouf a affiché la solidarité de l’Etat envers les communautés de pêcheurs. Il a annoncé une feuille de route de protection intégrée, alliant ouvrages de défense et stratégies d’adaptation pour éviter la submersion marine des habitations.
Le secteur privé appelé au sursaut : l’étape Sococim
La tournée s’est conclue par une visite à l’usine Sococim. Le message du ministre a été sans équivoque : le développement industriel doit s’accompagner d’une responsabilité écologique exemplaire. A l’approche des Jeux Olympiques de la jeunesse (Joj) Dakar 2026, le Dr Diouf a invité les dirigeants de la cimenterie à intensifier leur politique de Responsabilité sociétale d’entreprise (Rse). L’enjeu est de faire du secteur privé un partenaire actif de l’embellissement du cadre de vie et de la transition verte.
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