Incarcéré depuis septembre 2024, le Président-directeur général de Locafrique, Khadim Ba, a recouvré la liberté. Sa sortie du Pavillon spécial fait suite à une transaction conclue avec l’administration des Douanes, entraînant l’extinction définitive de l’action publique. Si cette issue met fin à des mois de détention, son pool d’avocats martèle qu’il ne s’agit en aucun cas d’un aveu de culpabilité.
Le bras de fer judiciaire aura duré de longs mois. Arrêté et placé sous mandat de dépôt pour une présumée infraction à la réglementation des changes et au contentieux douanier -portant sur plusieurs milliards de F Cfa-, Khadim Ba est finalement sorti des liens de la détention. Un dénouement rendu possible grâce à un accord transactionnel formellement scellé avec la Direction générale des Douanes.
L’extinction des poursuites judiciaires
Conformément aux règles encadrant le contentieux douanier, cet accord met un terme direct aux poursuites pénales engagées contre le chef d’entreprise. Jusqu’ici, les différentes requêtes de mise en liberté provisoire introduites par son pool d’avocats -parmi lesquels Me Seydou Diagne et Me Souleymane Soumaré- s’étaient heurtées aux rejets répétés du juge d’instruction.
L’homologation de la transaction a toutefois nécessité un examen rigoureux. Le Parquet ainsi que l’Agent judiciaire de l’Etat ont scrupuleusement analysé les termes du dossier avant de renoncer à tout appel contre la décision du juge, ouvrant ainsi définitivement la voie à sa libération.
«Transiger n’est pas avouer»
Pour la défense du patron de Locafrique, cette issue positive ne saurait s’assimiler à une reconnaissance des faits. Au micro de Dakaractu, Me Massokhna Kane s’est attaché à clarifier la portée de cet accord : «Ce n’est pas parce qu’on transige avec la Douane qu’on est coupable. Il n’est pas coupable, et les avocats l’ont démontré.»
Selon la défense, l’ensemble des pièces justificatives fournies a permis de prouver l’absence d’infraction. L’avocat a également tenu à écarter l’hypothèse d’une quelconque caution financière versée par son client, qui vaudrait aveu : «on ne parle pas d’argent qui aurait été sorti par mon client», a-t-il affirmé, tout en préférant garder le silence sur le montant exact arrêté dans le protocole avec l’administration douanière. Khadim Ba ressort ainsi libre d’un dossier complexe, bien décidé à tourner la page de cette saga politico-financière.
