Après 17 ans de magistrature locale, le maire de Toubacouta passe la main. Pape Seydou Nianko a annoncé qu’il ne briguerait pas un quatrième mandat en 2027, choisissant d’adouber son adjoint, Cheikh Faty, pour lui succéder. Le coordonnateur départemental de l’Alliance pour la République (Apr) ne quitte pas pour autant l’arène : il affiche désormais ses ambitions pour la présidence du Conseil départemental de Foundiougne.
Par Ndéye NDIAYE – Le maire de Toubacouta, Pape Seydou Nianko, ne sera pas candidat à sa propre succession lors des élections territoriales de 2027. Après trois mandats et 17 années passées à la tête de la commune, l’édile estime avoir accompli sa mission. Désireux de relever un nouveau défi politique, le responsable républicain ambitionne désormais de briguer la présidence du Conseil départemental de Foundiougne. « Je n’ai plus rien à prouver. Trois mandats, cela suffit largement. Il faut céder la place à d’autres fils de la localité. Si je le voulais, je pourrais rester à la tête de la mairie aussi longtemps que je le souhaiterais, mais j’ai décidé de passer le relais », a-t-il déclaré avec assurance.
Pour lui succéder, Pape Seydou Nianko a jeté son dévolu sur son actuel adjoint, Cheikh Faty. Un choix dicté par la fidélité et l’expérience. « Cheikh Faty sera mon candidat. Je battrai campagne à ses côtés et nous remporterons à nouveau les élections. Il a été mon adjoint à deux reprises. C’est un directeur d’école qui a également siégé au sein de la délégation spéciale de la commune de Toubacouta. Nous cheminons ensemble depuis 17 ans », a-t-il souligné.
Convaincu de disposer de tous les atouts nécessaires pour diriger le département, le coordonnateur de l’Apr affiche une sérénité totale face à ses futurs adversaires. « Je suis prêt financièrement, moralement et mystiquement à présider le Conseil départemental. Tout le monde me connaît et ma proximité avec les populations est un avantage considérable. Aucun responsable n’est plus légitime que moi dans ce département pour diriger cette institution », clame-t-il.
Du volant de chauffeur aux bancs de l’Assemblée
L’ancien parlementaire a profité de l’occasion pour rappeler son parcours singulier, marqué par une trajectoire autodidacte qu’il assume pleinement.
« Je suis un homme de principes. Quand je voulais devenir député, beaucoup prédisaient mon échec sous prétexte que je n’avais pas fait de longues études. J’étais chauffeur, mais j’ai finalement effectué deux mandats à l’Assemblée nationale, où j’ai siégé pendant sept ans et six mois. Et je peux dire que j’ai figuré parmi les parlementaires les plus actifs de l’hémicycle », a-t-il rappelé.
Analysant l’échiquier politique local, Pape Seydou Nianko reste persuadé que les tensions internes au sein du parti au pouvoir ouvriront la voie à un retour en force de l’opposition. «Avec les divisions que connaît actuellement Pastef, je commence déjà à récupérer certains de leurs responsables politiques. J’appelle tout notre camp à l’unité. Pastef ne fera qu’un seul mandat et l’Apr reprendra les rênes du pouvoir », a-t-il prophétisé.
Le leader apériste s’exprimait en marge de la 10ᵉ édition du Festival Niumi Badiya, un rendez-vous culturel majeur organisé chaque année à Toubacouta.
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