Séduction virtuelle, usurpation d’identité et chantage : le stratagème de S. Sow, alias «Chérif Ba», a pris fin ce 1er mai 2026 dans un hôtel de Thiès. Derrière le masque d’un haut fonctionnaire respecté, se cachait un escroc récidiviste dont la folie des grandeurs n’avait d’égale que la cruauté envers ses victimes.
Par Cheikh CAMARA – Le piège numérique a marché : tout commence sur les réseaux sociaux. Derrière l’écran, S. Sow se façonne une vie sur mesure sur Facebook. Sous l’alias «Chérif Ba», ce quadragénaire se présente comme un cadre influent de l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd Sa). Une jeune femme tombe sous le charme de ce profil enjôleur. Mise en confiance par ses promesses de mariage, elle commet l’imprudence de lui confier des vidéos intimes, ignorant qu’elle venait de fournir à son bourreau une arme de chantage redoutable.
Le rendez-vous de l’horreur
Leur première rencontre physique est fixée à Thiès. La victime n’hésite pas à quitter Yenne (Dakar), son bébé de deux mois dans les bras, pour rejoindre celui qu’elle croit être l’homme de sa vie. Mais dès l’arrivée à l’hôtel, le masque tombe. M. Sow, en état d’ivresse manifeste, tente d’imposer un rapport sexuel. Face à la résistance héroïque de la jeune femme, qui parvient à alerter discrètement sa famille avant de perdre connaissance sous le choc, le drame est évité de justesse. L’intervention rapide des éléments de la Sûreté urbaine permet d’interpeller l’individu en flagrant délit.
Les découvertes des enquêteurs dans la chambre d’hôtel font froid dans le dos : une bouteille d’alcool et un préservatif, un téléphone contenant une véritable collection de vidéos compromettantes mettant en scène plusieurs autres femmes sénégalaises, confirmant le caractère sériel de ses agissements.
De l’Aibd au Tribunal : une imposture totale
L’enquête a révélé une autre facette de l’escroc. Quelques jours plus tôt, S. Sow s’était présenté, dans un moment d’ivresse, comme étant le «Procureur du Tribunal de Thiès». Fort de cette fausse autorité, il avait ordonné de servir l’ensemble des clients présents, avant de s’éclipser en laissant une ardoise de 40 000 F Cfa. Confronté aux témoignages, l’homme a fini par avouer avoir usurpé ces fonctions prestigieuses pour «impressionner les femmes et asseoir son prestige social».
Un lourd dossier judiciaire
Au terme de sa garde à vue, S. Sow a été déféré au Parquet. Il devra répondre de cinq chefs d’inculpation majeurs : tentative de viol, usage de faux nom, menaces de diffusion de données à caractère personnel (chantage à la sextape), usurpation de fonction et escroquerie. Cette affaire rappelle, une fois de plus, la nécessité d’une vigilance accrue face aux rencontres virtuelles et aux profils trop flatteurs sur les réseaux sociaux.
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