Face à la résurgence d’épidémies de Dengue et de Fièvre de la Vallée du Rift, les acteurs de la santé publique se sont réunis à Thiès pour une évaluation stratégique du Règlement sanitaire international (RSI). Entre bilan de l’année 2025 et planification pour 2026, l’objectif est clair : consolider les capacités de détection et de riposte du Sénégal pour garantir une sécurité sanitaire résiliente, inclusive et multisectorielle.
Par Cheikh CAMARA – Le contexte épidémiologique reste toujours sous haute surveillance. Le système de santé sénégalais est actuellement mis à rude épreuve. Si l’ombre du Covid-19 a souligné la nécessité de renforcer les infrastructures sanitaires à tous les échelons, l’actualité immédiate impose une vigilance accrue. Au 30 novembre 2025, les chiffres confirment la menace : 5431 cas de Dengue et plus de 530 cas humains de Fièvre de la Vallée du Rift (Fvr), parallèlement à 428 cas recensés dans le cheptel animal.
C’est dans ce contexte que le Secrétaire général du ministère de la Santé et de l’hygiène publique, Serigne Mbaye, et le Directeur général de la Santé publique, Ousmane Cissé, ont ouvert un atelier crucial du 12 au 16 janvier 2026 à Thiès. Organisée par le Point focal national du Rsi, cette rencontre bénéficie du soutien technique et financier de partenaires de premier plan : l’Oms, la Fao et la Banque mondiale.
L’outil e-Spar : le thermomètre de la préparation nationale
L’enjeu de ces cinq jours de travaux est l’auto-évaluation multisectorielle annuelle via l’outil e-Spar. Ce dispositif technique de l’Oms permet de mesurer avec précision, les progrès réalisés et les lacunes à combler. Les quatre axes prioritaires de l’atelier : une réorientation technique en formant les acteurs du concept «Une seule santé» (One Health) à l’utilisation optimale de l’outil e-Spar, l’audit des indicateurs en renseignant les données de chaque secteur (santé humaine, animale et environnementale) pour une vision globale des risques. Il faudra ensuite faire le bilan 2025 pour évaluer l’efficacité du précédent plan d’action pour en tirer les leçons nécessaires, et tracer la prospective 2026 pour élaborer la nouvelle feuille de route nationale et transmettre le rapport de situation aux instances internationales dans les meilleurs délais. «L’apparition récurrente des arboviroses est un signal d’alarme qui nous oblige à affiner notre préparation pour riposter à toute nouvelle urgence avant qu’elle ne devienne une crise internationale», ont martelé les experts.
«Une seule santé» : vers une résilience globale
Le Sénégal mise sur l’approche «One Health», reconnaissant l’interconnexion entre la santé humaine, animale et environnementale. Cette stratégie multisectorielle ne vise pas seulement à stopper les virus, mais aussi à garantir la continuité des services essentiels. Un point d’honneur est mis sur la Santé reproductive des mères, des nouveau-nés, des enfants et des adolescents (Srmnia). L’amélioration des capacités du Rsi doit permettre de protéger ces populations vulnérables, même en période de crise épidémique.
En s’appuyant sur le Règlement sanitaire international (2005) et les résolutions des Assemblées mondiales de la Santé (2008 et 2012), le Sénégal réaffirme sa volonté de maintenir des capacités de détection rapide et de disponibilité opérationnelle.
Pour Serigne Mbaye et Ousmane Cissé, la sécurité sanitaire n’est pas un acquis mais une «entreprise essentielle qui doit être constamment maintenue». Le plan d’action 2026 issu de cet atelier de Thiès constituera le nouveau bouclier du pays face aux menaces sanitaires émergentes.
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