L’appel à la grève générale de 24 heures lancé par le Front syndical pour la défense du travail (Fsdt) a profondément paralysé la ville de Thiès, ce vendredi 10 juillet 2026. Des transports à l’arrêt aux marchés déserts, en passant par une administration publique tournant au ralenti, la grogne syndicale s’est muée en un signal politique fort adressé au régime, deux ans après son arrivée au pouvoir.

Par Cheikh CAMARA – L’impact de la grève générale de 24 heures entamée par le Front syndical pour la défense du travail (Fsdt) a figé la ville de Thiès, ce vendredi 10 juillet 2026. Dans la capitale du Rail, la paralysie est quasi totale : le secteur des transports est exsangue, les commerces ont baissé le rideau et les services publics tournent au ralenti.

C’est sur le réseau routier que les effets du débrayage sont les plus spectaculaires. Le trafic des bus, des cars «Ndiaga Ndiaye» et des taxis interurbains s’est effondré, plongeant la ville dans une détresse logistique. A la gare routière principale située à l’entrée de la ville, des centaines d’usagers se retrouvent bloqués faute de véhicules pour rallier Dakar ou l’intérieur du pays.

Le mot d’ordre étant interprofessionnel, le secteur économique n’a pas été épargné. Par solidarité ou par crainte de débordements, une grande partie des commerçants des grands marchés thiessois ont préféré garder leurs échoppes closes. Le secteur informel, poumon économique de la région, subit de plein fouet ce coup d’arrêt qui asphyxie les petits commerces, les cantines et l’activité quotidienne.

L’administration publique au service minimum

Dans les services municipaux, les inspections régionales et les préfectures, l’activité tourne à bas régime. Le secteur judiciaire a lui aussi massivement suivi le mouvement, sous l’impulsion d’organisations fortes comme le Sytjsut. Les grévistes justifient cette paralysie par l’échec cuisant des négociations entre le gouvernement et les centrales syndicales sur plusieurs points d’achoppement.

Au cœur des revendications du Fsdt figurent trois exigences majeures : la protection des emplois face aux licenciements abusifs ; la revalorisation du pouvoir d’achat face à la flambée du coût de la vie ; et une réelle concertation sur les projets de réforme des codes du Travail et de la Sécurité sociale.

Pour de nombreux Thiessois, ce mouvement social d’envergure nationale intervient dans un climat de profonde détérioration du tissu économique. Dans les rues, les discussions virent rapidement à la critique politique. Beaucoup jugent cette grève «légitime» face à ce qu’ils qualifient de «remise en cause des acquis sociaux». A l’heure du bilan, après deux ans de gouvernance du régime de Diomaye, les travailleurs locaux dénoncent des promesses non tenues et des choix économiques jugés défavorables aux salariés.

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