Le Directeur de la gestion et de la planification des ressources en eau (Dgpre), Dr Bakary Faty, a pris la parole ce lundi, à l’occasion de l’atelier mondial consacré à l’utilisation des nouvelles technologies dans la surveillance, l’évaluation et le partage des données relatives aux eaux transfrontières. Interve­nant en sa double qualité de Directeur de la Dgpre et de Co-président du Groupe de travail sur la surveillance et l’évaluation, Dr Faty a prononcé un mot de bienvenue empreint d’engagement et de vision stratégique, appelant à une transformation profonde de la gouvernance mondiale de l’eau à travers l’innovation technologique.

Cet atelier international vise à explorer les moyens par lesquels les technologies émergentes -notamment la télémétrie, l’imagerie satellitaire, l’Intel­ligence artificielle et les plateformes de données en temps réel- peuvent renforcer la coopération entre Etats partageant des ressources hydriques. Dans son intervention, le responsable sénégalais a souligné que la question des données constitue aujourd’hui un enjeu central face aux défis combinés du changement climatique, de la croissance démographique et de la pression accrue sur les ressources en eau. «Sans données fiables, accessibles et partagées, il ne peut y avoir ni bonne gouvernance de l’eau ni coopération efficace entre Etats riverains», a-t-il insisté.

Dr Faty a également mis en lumière les limites actuelles observées dans plusieurs pays, notamment le manque de systèmes interopérables et les insuffisances en capacités techniques, qui freinent la mise en œuvre de l’indicateur 6.5.2 des Objectifs de développement durable relatif à la coopération sur les eaux transfrontalières.

Toutefois, il a appelé à ne pas réduire la solution à la seule dimension technologique. Selon lui, trois piliers demeurent essentiels : la confiance entre Etats, la solidité des cadres institutionnels et une volonté politique affirmée. A ce titre, il a rappelé le rôle structurant de la Convention des Nations unies sur l’eau, qu’il qualifie de cadre universel incontournable pour une gestion concertée et durable des ressources hydri­ques.

Sur le plan national, Dr Faty a mis en avant les efforts du Sénégal, à travers la Dgpre, notamment la modernisation du réseau d’observation hydrologique, l’installation de stations automatiques et le renforcement des systèmes d’alerte précoce. Enfin, il a lancé un appel à la Communauté internationale pour renforcer les partenariats, investir dans les capacités techniques et promouvoir des solutions adaptées aux réalités locales. Pour lui, cet atelier doit dépasser le cadre des échanges pour devenir «un catalyseur d’actions concrètes et un accélérateur d’innovations au service de la coopération transfrontalière».

La participation du Sénégal à ce forum mondial confirme son engagement en faveur d’une gestion intégrée, innovante et solidaire des ressources en eau partagées.

Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – latifmansaray@lequotidien.sn