Le Sutsas ne décolère pas. Le syndicat dénonce une série de mesures «injustes» prises par le ministre des Finances, Cheikh Diba, remettant en cause des acquis obtenus de haute lutte. Parmi les principaux griefs : le retard persistant du paiement de l’indemnité de logement pour certains agents et la privation des heures supplémentaires pour les chefs de poste logés dans des conditions souvent précaires.

La mesure la plus contestée reste la suppression des pécules des étudiants de l’Entss et de l’Endss. Le ministère invoque le Statut général des fonctionnaires pour justifier cet arbitrage, un argument balayé par les camarades de Mballo Dia Thiam. Ces derniers rappellent que ces avantages découlent de protocoles d’accords historiques signés en 2006 et 2014. Pour le syndicat, supprimer ces aides revient à fragiliser la formation des futurs professionnels de santé.

Le Sutsas pointe également du doigt une politique de «deux poids, deux mesures», fustigeant le maintien des fonds communs pour certains corps de l’Etat pendant que le budget de la Santé subit des coupes. Cette austérité impacterait déjà les populations vulnérables, notamment les personnes en situation de handicap privées d’aides sociales.

A l’approche de la Tabaski, l’exaspération est à son comble avec le retard de paiement du Fonds de motivation et les fortes retenues sur les salaires des grévistes. Face à cette «logique de destruction», l’alliance Asas-And Gueusseum annonce une intensification de son plan d’actions pour défendre les droits des travailleurs.

Par Amadou MBODJI – ambodji@lequotidien.sn