Lors de son séjour pascal dans sa ville natale de Vélingara, le coordonnateur du Pafej a accordé une interview au journal Le Quotidien. Ce spécialiste en Banque-Finance estime que l’Etat gagnerait plus à laisser le financement des projets des jeunes et des femmes à des structures privées pour s’occuper de la formation et de l’accompagnement desdites structures privées. Seyfoulaye Baldé, militant du parti au pouvoir, Pastef, s’est aussi prononcé sur le positionnement au sein de Pastef/Vélingara pour les Locales prochaines, ainsi que sur le projet de réforme du Code électoral que projette de proposer le parti au pouvoir à l’Assemblée nationale.

De l’employabilité et du financement des projets des jeunes et des femmes

«L’employabilité des jeunes est une dimension que j’ai toujours inscrite au cœur de mes activités politiques. Que ce soit avec les jeunes ou avec les femmes, je cherche toujours à trouver des créneaux aux jeunes, en aidant d’abord aux formations professionnelles, et ensuite en aidant à offrir des opportunités de pouvoir s’insérer eux-mêmes, c’est-à-dire l’auto-entreprenariat, afin de ne pas toujours attendre les emplois salariés au niveau des structures publiques ou privées. Aider les jeunes à pouvoir créer eux-mêmes leurs entreprises, à pouvoir se mettre au travail au service de l’économie. J’y travaille beaucoup. C’est un créneau qu’il faut explorer. Au-delà de ce que l’on peut faire au niveau communal, je crois qu’il faut beaucoup de réformes au niveau du Code du travail pour prendre en compte les nouveaux emplois, mais également commencer à formaliser les jeunes qui font du travail au noir et qu’il faut sortir de ce type de travail pour amener les employeurs, les entrepreneurs à pouvoir les inscrire au niveau social et les intéresser par rapport à ce qu’ils font.

Je crois qu’il y a un gros travail à faire au niveau du sommet par rapport aux réformes. Il faut de plus en plus que les structures au niveau communal commencent à prendre en charge des aspects comme la formation, l’orientation, la promotion de l’entreprenariat au niveau local.

Aujourd’hui, plusieurs structures et centres de formations professionnelles techniques sont installés dans les localités. Des jeunes, dès après le cycle moyen, s’orientent vers des formations professionnelles qui, tout de suite, les mettent en position de pouvoir exercer des activités. Je crois que c’est ce dispositif qu’il faut accompagner avec un financement. Nous avons un système financier, que ce soit les banques classiques et les institutions de microfinance qui sont encore assez frileuses par rapport au financement des jeunes. Je pense qu’il faut continuer l’accompagnement. Il faut réorganiser les agences de l’Etat pour les amener à une bonne prise en charge des besoins en financement des jeunes. Mon point de vue est, de plus en plus, que l’Etat se retire du financement direct. Que le financement direct soit laissé à des structures privées, et que l’Etat se positionne dans la formation, l’accompagnement des structures qui financent. Mais le fait de se positionner sur les 2 perturbe le système financier, et ce n’est pas souvent efficace.»

Du projet de réforme du Code électoral porté par Pastef

«Nous avons, au Sénégal, la chance d’avoir des pouvoirs autonomes les uns des autres. Tous les 3 pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire) fonctionnent. Il faut que l’on laisse à chaque pouvoir l’autonomie de pouvoir prendre des initiatives et les porter. Si aujourd’hui, au niveau de l’Assemblée nationale, ils jugent utile, pour le fonctionnement démocratique, dans le contexte que nous vivons, d’aller vers ces réformes, je pense que c’est parce qu’elles sont utiles. Je pense, en définitive, que l’Assemblée nationale va faire son travail et ensuite elle laissera à l’Exécutif la promulgation et, peut-être, s’il y a des gens qui veulent attaquer le projet, ils pourraient le faire pour juger de la constitutionnalité de ces réformes.

Il est vrai que le président Ous­mane Sonko semble aujourd’hui être dans les starting-blocks par rapport à cette situation. Mais au-delà de ça, c’est quelque chose qui peut résoudre le problème pour tout le monde. Demain, ce sera pour une autre personne. Avant, il y a eu les cas très éloquents de Karim Wade, de Khalifa Sall … On peut aujourd’hui penser que ça s’adresse au président Ousmane Sonko, mais je pense que c’est quelque chose de logique dans la vie d’un Etat. Il faut laisser l’Assemblée nationale faire son travail.»

Candidature à la candidature à Pastef pour les Locales prochaines

«Je suis responsable d’une cellule de Pastef dans la commune de Vélingara, et j’ai aidé à la mise en place de plusieurs cellules dans le département. Nous sommes un parti au pouvoir, et il y a une bataille ardue pour le positionnement et la conquête du pouvoir local. Je puis, d’ores et déjà, annoncer que je suis candidat à la candidature pour la mairie de Vélingara. J’imagine que nous aurons d’autres profils de la commune qui pourraient être intéressés comme moi. D’emblée, je pense que pour départager toutes ces potentielles candidatures, on peut aller vers un consensus en discutant entre nous, si on n’arrivait pas à nous entendre à l’issue des discussions et des échanges, on pourrait aller à la compétition sur la base des cellules et de la représentativité.

Mais cette volonté de conquête du pouvoir local ne justifie pas la mise à l’écart ou la volonté de désigner certaines personnes comme des militants et d’autres non. Récemment, un de mes jeunes a posté dans le Groupe Watshapp de Pastef un post de moi dans une de mes activités. Ledit post a été immédiatement retiré, et le jeune retiré du groupe.»

Propos recueillis par Abdoulaye KAMARA (Correspondant)