A l’occasion des deux ans du régime Pastef, la Confédération pour la démocratie et le socialisme (Cds) a dressé un bilan alarmant de la gouvernance. Son coordonnateur, Nicolas Ndiaye, parle d’une «décadence multiforme» qui affecte tous les secteurs du pays, et appelle à un sursaut national pour restaurer la stabilité et la grandeur du Sénégal.

Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – Lors d’une conférence de presse hier, la Confédération pour la démocratie et le socialisme (Cds) a pointé du doigt ce qu’elle considère comme une dérive inquiétante. «Gouverner, ce n’est pas proclamer, c’est transformer. Gouverner, ce n’est pas dénoncer, c’est bâtir. Gou­verner, ce n’est pas diviser, c’est rassembler», a souligné Nicolas Ndiaye, avant de dénoncer un Etat «fragilisé et déconnecté de ses responsabilités».

Sur le plan économique, la Cds dénonce une gestion marquée par l’improvisation et l’arbitraire. Le Btp, la filière arachidière et la Sonacos auraient subi des décisions incohérentes, créant un risque alimentaire et fragilisant le secteur rural. Les producteurs sont contraints de sacrifier leurs réserves pour survivre, tandis que le pays «navigue à vue» faute de plan de redressement clair.

La Cds tire également la sonnette d’alarme sur le front social : plus de 30 000 licenciements, la dégradation des services de santé et d’éducation, la répression des revendications étudiantes et l’expulsion des marchands ambulants témoigneraient, selon Nicolas Ndiaye, d’un Etat qui «abdique sa responsabilité morale et politique».

La Justice n’échappe pas à la critique. Détentions prolongées, dossiers inconsistants et non-application des conclusions des Assises de la Justice révèlent, selon la Cds, un système «dévoyé». «La Justice ne peut être un levier politique, elle doit rester un rempart contre l’arbitraire», insiste le coordonnateur.

Sur le plan diplomatique, le Sénégal semble perdre de son influence : isolement, raréfaction des visites de chefs d’Etat et échec à défendre des candidatures africaines stratégiques. Enfin, la Cds dénonce une «crise institutionnelle, morale et intellectuelle», avec des tensions au sommet de l’Exécutif, une Assemblée nationale réduite à un rôle de validation et un débat public dégradé par l’invective.

Face à ce constat, Nicolas Ndiaye appelle à l’unité des forces démocratiques et à la construction d’une alternative crédible, basée sur la compétence, la rigueur et l’éthique. «Le Sénégal mérite l’excellence, mérite la stabilité, mérite la grandeur. Et cette grandeur, nous avons le devoir, ensemble, de la restaurer», conclut-il.

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