En partenariat avec Marie Stopes, l’Ajspd a réuni les professionnels de la santé et de la presse pour aborder les enjeux vitaux de la régulation des naissances. Objectif : déconstruire les rumeurs sur les effets secondaires de la planification familiale et plaider pour l’application de la loi sur la santé de la reproduction.

Par Justin GOMIS – Dans le cadre de ses activités dédiées à la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, l’Association des journalistes en santé, population et développement (Ajspd) a organisé hier un atelier de renforcement de capacités sur la communication liée à la planification familiale au Sénégal. L’événement s’est tenu en partenariat avec Marie Stopes Sénégal, organisation avec laquelle l’association vient de signer une convention de partenariat. Sujet encore trop souvent tabou, la planification familiale souffre d’un manque de compréhension au sein de la population. D’où la nécessité de mieux faire connaître ses enjeux sanitaires, démographiques, économiques et en matière de droits humains.

«Il faut que les populations comprennent que la planification familiale est une stratégie clé pour réduire la mortalité maternelle et néonatale. Elle permet de faire de la maternité une expérience positive, en donnant aux femmes le temps de bien suivre leur grossesse et d’espacer les naissances. Cela leur laisse le temps de s’occuper de leur bébé, mais aussi de récupérer leur état de santé initial avant d’envisager une nouvelle maternité. En outre, cet espacement leur permet de mener des activités génératrices de revenus et d’avoir une vie sociale épanouie, favorisant leur autonomie financière au sein du couple», a expliqué Bigué Bâ Mbodji, présidente de l’Association nationale des sages-femmes d’Etat du Sénégal (Ansfes).

C’est pour ces multiples raisons que les sages-femmes ont choisi de faire alliance avec les professionnels des médias et les communautés. L’objectif est aussi de lever certains obstacles institutionnels : «nous devons relever les défis persistants liés au financement de la planification familiale dans le budget de la santé. Il s’agit d’amener les parlementaires et les décideurs à soutenir le programme, notamment en signant le décret d’application de la loi sur la Santé de la reproduction (Sr), votée depuis 2005 mais toujours inappliquée», a-t-elle ajouté.

Cette démarche a trouvé un écho favorable auprès des journalistes. «C’est dans ce cadre que nous avons réuni nos membres pour échanger sur la communication autour de la santé maternelle et infantile, et plus particulièrement sur la planification familiale», a précisé Eugène Kaly, président de l’Ajspd. Pour concrétiser cet engagement, les professionnels des médias comptent exploiter tous les canaux disponibles. «A travers la télévision, la presse écrite, les sites en ligne et surtout les radios communautaires, nous allons sensibiliser les populations. L’urgence est de déconstruire les rumeurs sur les effets secondaires, qui freinent encore beaucoup de femmes faute d’explications claires», a-t-il souligné, rappelant que «dès que les femmes comprennent les réels avantages de ces méthodes, elles y adhèrent aussitôt».

Pour réussir cette mission, l’Ajspd mise sur un langage accessible et l’usage des langues nationales, notamment le wolof, afin de toucher les femmes non scolarisées. Un choix stratégique appuyé par Fatou Bintou Kamara, chargée de plaidoyer chez Msi Reproductive Choices Sénégal : «L’objectif de cette collaboration est de rendre accessibles les préoccupations liées à la santé de la reproduction. Il s’agit de contextualiser ces sujets en partant des réalités du quotidien et en utilisant des canaux adaptés, afin que chacun -hommes, femmes et jeunes- dispose de la bonne information et s’approprie la planification familiale comme un enjeu collectif.»

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