Après plusieurs mois de lutte acharnée contre l’épidémie de Fièvre de la Vallée du Rift (Fvr), la région de Saint-Louis respire enfin. La Direction régionale de la santé a officiellement annoncé l’extinction de tous les foyers infectieux, ce lundi. Si le bilan humain et animal reste lourd, la riposte coordonnée a permis de stopper une propagation qui menaçait l’équilibre sanitaire et économique du Nord du pays.

C’est une épidémie sous contrôle : déclarée le 21 septembre dernier, l’épidémie de Fvr n’est désormais plus qu’un mauvais souvenir pour les autorités sanitaires de Saint-Louis. Lors d’un point de presse exhaustif, la Directrice régionale de la Santé, Dr Seynabou Ndiaye, a dressé le bilan d’une crise qui a mobilisé des ressources considérables. Sur les 5196 échantillons rigoureusement analysés en laboratoire, la région a enregistré 360 cas confirmés. Le taux de létalité s’établit à environ 5, 8%, avec 21 décès à déplorer. Toutefois, l’efficacité de la prise en charge a permis d’afficher un total de 339 guérisons.

La géographie de l’infection

La propagation n’a pas été uniforme. La proximité avec les zones humides et les axes de transhumance a favorisé certains districts : comme Richard-Toll avec 134 cas (foyer principal), Saint-Louis (84 cas), Podor (70 cas), Dagana (58 cas) et Pété (14 cas).

Une menace pour les jeunes et le cheptel

Le profil des victimes révèle une vulnérabilité accrue chez les jeunes de sexe masculin, souvent plus exposés aux vecteurs (moustiques) ou au contact direct avec les animaux infectés.

Car la Fvr est avant tout une zoonose. Le secteur de l’élevage, moteur économique de la région, a payé un lourd tribut avec 931 avortements signalés chez le bétail. Ce virus provoque en effet de véritables «tempêtes d’avortements» chez les ruminants, ce qui constitue souvent le premier signe d’alerte d’une épidémie imminente.

Une riposte multisectorielle : l’approche «One Health»

Pour éteindre ces foyers, les autorités ne se sont pas contentées de soigner les humains ; elles ont attaqué le mal à la racine via trois leviers : la vaccination massive de 13 461 animaux pour briser la chaîne de transmission, la lutte anti-vectorielle avec des opérations de désinfection et de pulvérisation pour éliminer les populations de moustiques porteurs du virus, la prévention communautaire, notamment la distribution de 68 200 moustiquaires imprégnées afin de protéger les populations rurales.

Bien que la situation soit stabilisée, la surveillance épidémiologique reste maintenue. La Fvr étant liée aux cycles climatiques et aux inondations, la vigilance demeure le mot d’ordre pour éviter une résurgence lors des prochaines saisons des pluies.

Qu’est-ce que la Fièvre de la Vallée du Rift ?

La Fvr est une maladie virale qui touche principalement les animaux (vaches, moutons, chèvres), mais qui peut se transmettre à l’homme. La contamination humaine se fait soit par la piqûre de moustiques infectés, soit par le contact direct avec le sang ou les organes d’animaux malades (lors de l’abattage par exemple). Chez l’homme, elle peut se manifester par un syndrome grippal, mais peut aussi évoluer vers des formes graves, notamment hémorragiques ou oculaires.