Patiente et Point focal dans sa région de l’association House of peace and sharing (Hps), Mme Diarry Camara a surmonté un double cancer du sein. Grâce aux soins médicaux, au soutien indéfectible de son mari et à l’accompagnement de l’association, elle est aujourd’hui en phase de rémission. En ce mois d’Octobre Rose, elle livre un message fort d’espoir et de prévention à l’attention de toutes les femmes.
Propos recueillis par Amadou MBODJI – Vous avez été confrontée au cancer du sein. Pouvez-vous nous retracer votre parcours ?
Mon combat contre la maladie a débuté en 2017. J’ai subi une ablation du premier sein en 2018, puis une seconde intervention sur le second sein en 2025. Après avoir suivi le protocole complet, je suis aujourd’hui sortie de la radiothérapie et en phase de suivi à l’hôpital Cheikhoul Khadim de Touba, avec le Dr Sall. Alhamdoulilah, je me porte bien.
Comment avez-vous réagi à l’annonce du diagnostic ?
C’est le Dr Guèye, responsable de l’Unité de chimiothérapie à l’hôpital Amadou Sakhir Ndiéguène de Thiès, qui m’a annoncé la maladie. Lorsqu’il m’a dit que j’avais une tumeur, je suis restée très calme. Il m’a demandé si j’avais bien compris, et je lui ai simplement répondu : «Vous êtes médecin, est-ce que ça se soigne ?» Il m’a répondu oui, si l’on se bat. J’ai remis ma vie entre ses mains et m’en suis remise à la volonté divine.
Le parcours d’une patiente est long, coûteux et éprouvant. Il bouleverse la vie quotidienne et professionnelle. Mais grâce à la foi, à l’appui de mon entourage et à des structures comme Hps, nous trouvons la force de nous relever.
Certaines femmes malades sont malheureusement abandonnées par leur conjoint. Comment votre entourage a-t-il réagi ?
J’ai eu la chance d’être soutenue par tout mon entourage, et particulièrement par mon mari. Bien que nous n’ayons pas d’enfants, il est resté à mes côtés à chaque étape. Je ne me suis jamais sentie abandonnée. Ce soutien familial et social a été essentiel pour garder la force de me battre.
Le cancer n’est ni une malédiction ni une maladie honteuse. C’est une épreuve de santé comme une autre. Il faut changer le regard de la société, détruire les préjugés et entourer les malades d’amour plutôt que de les stigmatiser.
Quel message souhaitez-vous lancer aux femmes à l’occasion d’Octobre Rose ?
Je les exhorte vivement au dépistage précoce. Si je suis là pour vous répondre, c’est parce que j’ai réagi très tôt. Lorsque la maladie atteint un stade avancé, les souffrances sont terribles. La solution reste de se faire dépister régulièrement, de pratiquer l’autopalpation, de surveiller son alimentation et de suivre scrupuleusement les avis médicaux, sans se disperser dans la médecine traditionnelle ou l’usage de produits chimiques.
Des rumeurs circulent au sujet du vaccin contre le Papillomavirus (Hpv) administré aux jeunes filles dès 9 ans, l’accusant de provoquer la stérilité. Que répondez-vous ?
C’est totalement faux. Le vaccin contre le Hpv protège les jeunes filles à 80 ou 90% contre le cancer du col de l’utérus, avant le début de leur vie sexuelle. C’est une chance immense de pouvoir préserver nos filles d’une telle maladie grâce à la vaccination. Il ne faut pas céder à la désinformation.
ambodji@lequotidien.sn

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