Ils cochent toutes les cases pour le recrutement spécial des enseignants lancé par le Ministère de l’éducation nationale (Men), mais ne parviennent pas à être enrôlés. Eux, ce sont les membres du Collectif de titulaires de diplômes professionnels d’Etat exerçant dans le privé. Lors d’un point de presse organisé lundi au siège du Sels/A à Rufisque, ils ont vivement critiqué leur mise à l’écart opérée sans aucune base objective. «De nombreux profils titulaires d’un seul baccalauréat, sans qualification professionnelle ni expérience pédagogique, ont été retenus (…) L’argumentaire officiel ayant motivé ce recrutement est fondé sur le principe d’opérationnalité immédiate ; recruter des enseignants directement aptes à prendre en charge une classe sans formation complémentaire préalable», a souligné Aïcha Guèye, responsable de la communication du collectif. «Nous sommes 103 enseignants titulaires de diplômes professionnels, Ceap et Cap, âgés de moins de 35 ans et répondant à tous les critères de recrutement», a-t-elle fait valoir, ne comprenant pas leur mise à l’écart systématique à chaque recrutement.

«En 2024, lors du recrutement des 2000 mille enseignants, c’était pareil, et c’est pour cela qu’on a mis en place le collectif pour défendre nos droits. Pour le recrutement de cette année concernant 2527 postes à pourvoir, aucun d’entre nous n’a été présélectionné», a-t-elle martelé, assurant qu’ils vont porter ce combat pour se faire rétablir dans leurs droits. «Le principe constitutionnel d’égalité d’accès aux emplois publics est violé lorsque des diplômés professionnels remplissant tous les critères sont écartés», a posé Mme Guèye, se désolant du mutisme constaté suite aux correspondances envoyées en ce sens à la Présidence et à la Primature pour dénoncer la forfaiture.

Ce qu’ils demandent, c’est la reconnaissance du diplôme professionnel comme critère prioritaire et l’ouverture d’un quota de repêchage. «Nous demandons l’annulation de la présélection en l’état et sa reprise sur des critères d’opérationnalité initialement annoncés, à défaut d’une intégration immédiate de tous les diplômés Cap et Ceap recalés, et une publication transparente des critères de notation utilisés», a-t-elle revendiqué au nom de ses collègues. Ibrahima Kamby, Secrétaire général du Sels/A, a vivement pointé l’opacité et le manque de transparence dans ces recrutements spéciaux d’enseignants. «A chaque fois, c’est le même procédé. On annonce un recrutement spécial devant aboutir au choix d’enseignants opérationnels, mais le constat c’est qu’au finish, on assiste à un recrutement clientéliste», a-t-il insisté. «Chaque fois, ils recrutent mais jamais ils ne publient la liste des personnes recrutées, et ça ce n’est pas du Jub-Jubal-Jubanti. Ils nous ont habitués à ces forfaitures-là», a-t-il souligné, promettant au collectif l’accompagnement du Sels/A dans ce combat.

Par A. B. NDIAYE – abndiaye@lequotidien.sn