Face à la montée des tensions et aux rivalités persistantes entre les alliés du pouvoir, le Parti d’appui à la gouvernance au Sénégal (Pags) sort du silence. A travers un communiqué signé par son président, Khalilou Ba, la formation politique exprime son inquiétude face aux querelles opposant les partisans de la Coalition «Diomaye Président» et ceux du parti Pastef. Le Pags appelle le chef de l’Etat et son Premier ministre à «siffler la fin de la récréation» pour se concentrer exclusivement sur les urgences économiques et sociales du pays.

Par Cheikh NDIONGUE – La situation politique nationale, marquée par des frictions de plus en plus visibles au sommet de l’Etat, préoccupe au plus haut point les responsables du Parti d’appui à la gouvernance au Sénégal (Pags). Dans un communiqué officiel, le président du parti, Khalilou Ba, dénonce les attaques verbales récurrentes entre sympathisants de la mouvance présidentielle. Pour le Pags, l’heure n’est plus aux joutes politiciennes : le Président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko doivent impérativement «se ressaisir» afin de faire face aux défis structurels qui interpellent le Sénégal.

Le diagnostic du Pags est sans appel : le Sénégal traverse une période de turbulences économiques exacerbée par un contexte géopolitique mondial instable (guerres, inflation, crises énergétiques). Selon le parti, ces chocs externes rendent impérative une cohésion sans faille au plus haut niveau de l’Etat. «Les tensions politiques et les querelles internes ne font qu’aggraver une situation déjà préoccupante. L’intérêt supérieur de la Nation doit primer sur les calculs partisans», souligne le texte. Le Pags condamne avec la plus grande vigueur, les «communications outrageuses et incendiaires» émanant de certains membres du parti au pouvoir à l’encontre des hautes personnalités et dignitaires de la République.

Ambitions 2029 : le Pags demande une trêve

Dans une posture de médiateur, le parti exhorte les deux têtes de l’Exécutif à mettre de côté leurs éventuelles ambitions pour la Présidentielle de 2029. L’objectif est clair : restaurer la solidarité gouvernementale et pacifier l’espace public.

Le communiqué rappelle également une règle institutionnelle fondamentale : la figure du président de la République transcende la personne de Bassirou Diomaye Faye. En tant que symbole de l’unité nationale et gardien de la Constitution, cette institution exige un respect absolu, loin des invectives qui mettent en péril la sécurité nationale et les valeurs sénégalaises.

Au-delà des rivalités de palais, le Pags pointe du doigt une dérive inquiétante : la politisation de la Justice. Les responsables du parti déplorent l’usage du «délit d’opinion» pour museler les voix critiques, une pratique jugée inacceptable dans un Etat de Droit. Le parti invite instamment les autorités à garantir l’indépendance réelle du Pouvoir judiciaire, protéger la liberté de la presse et créer un environnement propice à la libre expression des citoyens.

Malgré ces critiques constructives, le Pags réaffirme son ancrage dans la mouvance présidentielle et son soutien au chef de l’Etat. Sur le plan international, le parti appelle à l’union sacrée derrière la candidature de l’ancien Président Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Onu, y voyant une opportunité de rayonnement pour le Sénégal.

Dirigé par Khalilou Ba, biologiste et ancien premier adjoint au maire de la commune de Gandon, le Parti d’appui à la gouvernance au Sénégal se définit comme une organisation de veille et d’accompagnement citoyen. Il œuvre pour la promotion du civisme et du patriotisme agissant auprès des institutions, de la Présidence aux collectivités locales.

cndiongue@lequotidien.sn