Au bout du suspense, de la polémique et de la fatigue, le Sénégal a gagné sa deuxième étoile en s’imposant face au Maroc (1-0 ap). Un exploit qui fait entrer cette génération dans la légende éternelle du football africain.

Un nouveau chapitre gravé dans le marbre. L’attente n’aura duré que quatre ans. Après le frisson de Yaoundé en 2022, voici la consécration de Rabat, après l’échec inattendu d’Abidjan. Ce 18 janvier 2025 restera à jamais gravé dans les annales : le Sénégal n’est plus seulement un champion, il est une dynastie. En dominant le Maroc chez lui, dans une finale au scénario hitchcockien, les Lions ont décroché leur deuxième étoile, confirmant une hégémonie sans partage sur le continent. Le bilan est sans appel : un parcours quasi sans faute avec six victoires et un nul en sept matchs. Une domination qui force le respect, portée par une «bande de copains» devenue une machine à gagner.

Le coup de poker de Pape Thiaw

Pourtant, l’avant-match a des airs de tragédie. Le forfait de dernière minute de Krépin Diatta, poumon de l’équipe et joueur le plus utilisé du tournoi, jette un froid. Face à l’urgence, le sélectionneur Pape Thiaw lance Antoine Mendy. Le Niçois, sans la moindre minute de jeu jusque-là, est jeté dans l’arène bouillante du complexe Moulay Abdallah.

Dès l’entame, les Lions affichent leurs ambitions. À la 4e minute, Pape Guèye voit sa tête détournée sur sa ligne par un Yassine Bounou impérial. Le gardien marocain multiplie les miracles, s’imposant face à Iliman Ndiaye (37e) puis devant les raids de Sadio Mané. Juste avant la pause, Lamine Camara manque de peu l’ouverture du score, sa frappe étant contrée in extremis. Côté Maroc, seul Abde Ezzalzouli crée le danger, tandis que Brahim Diaz traverse la rencontre comme une ombre.

Le tournant de la Can : 30 minutes de chaos

La seconde période est un siège marocain. Poussés par un public en fusion, les Lions de l’Atlas manquent de réalisme, à l’image d’un El Kaabi inhabituellement maladroit. Mais c’est dans le temps additionnel que le match bascule dans l’irréel. 90e+2 : Le Sénégal pense tenir la victoire, mais le but d’Abdoulaye Seck est refusé pour une faute légère. 90e+5 : Le séisme. Après consultation de la Var, l’arbitre siffle un penalty pour le Maroc. La tension explose. Des supporters descendent sur la pelouse, le match est interrompu pendant 30 minutes. On frôle l’abandon.

Ensuite, il y a le miracle Mendy : Dans une ambiance électrique, Brahim Diaz tente une panenka audacieuse. Édouard Mendy, imperturbable, reste sur ses appuis et capte le ballon. Le Sénégal revient de l’enfer.

Pape Guèye, le libérateur

C’est finalement lors de la prolongation (94e) que le destin choisit son camp. Sur une action d’école, Pape Guèye trouve la faille et fait taire le stade de Rabat d’une frappe chirurgicale. Les quinze dernières minutes sont une éternité de souffrance, mais la défense sénégalaise est un rempart de fer. Au coup de sifflet final, le Sénégal exulte. Les Lions ne sont plus seulement les Rois d’Afrique ; ils sont les gardiens du temple. La deuxième étoile brille désormais fièrement sur le maillot vert, jaune et rouge. Le choix de Pape Thiaw de maintenir un bloc haut malgré la pression marocaine aura été la clé d’un match où le mental a pris le dessus sur la technique.