Par Alioune Badara NDIAYE – Une usine de fabrication de médicaments pour réduire considérablement les importations tournant autour de 90%. C’est l’ambition de l’entreprise Duopharm à travers le projet industriel Défi Pharma dont la pose de la première pierre s’est tenue mardi à Rufisque. «Le projet Défi Pharma est un investissement de 23 milliards de francs cfa pour construire une usine aux normes internationales qui sera érigée sur ce site de près de 2, 5 hectares», a noté Dr Sokhna Diagne Ndiaye, présidente du Conseil d’administration (Pca)de Duopharm, assurant qu’à terme, ce sera une capacité de production annuelle de 450 millions de comprimés, 50 millions de gélules, 20 millions de flacons de sirop, 10 millions de tubes de pommade et crème. «Ce projet industriel s’inscrit dans l’axe stratégique de renforcement des capacités nationales de production pharmaceu­tique ; un pilier majeur de la résilience sanitaire à l’horizon 2050. Elle contribuera de façon significative aux objectifs de l’Etat de couvrir en 2035 au moins 50% de nos besoins médicaments», a décliné Dr Ndiaye, indiquant qu’investir dans la production locale de médicaments, c’est investir dans la souveraineté pharmaceutique. «Plus de 90% des médicaments consommés au Sénégal sont importés pour un total d’importation qui dépasse les 200 milliards francs», a-t-elle ainsi souligné, rappelant que Duopharm, lancé depuis 2010, détient 19% de parts de marché dans la distribution de produits pharmaceutiques.

La cérémonie a aussi été l’occasion pour l’entreprise, portée par 555 pharmaciens sénégalais, d’inaugurer son nouveau siège logistique, adjacent au site du projet Défi Phar­ma. «Duopharm, c’est aujourd’hui ce nouveau site de Rufisque qui est construit aux normes internationales des bonnes pratiques de distribution et qui a nécessité un investissement de 7 milliards de francs», a dit la Pca, parlant du nouveau siège. «Si ce siège représente le présent, le projet de Défi pharma incarne l’avenir», a relevé le ministre Serigne Guèye Diop qui a présidé la rencontre. Il a ainsi assuré du soutien de l’Etat pour ce projet qui cadre avec le Plan Vision Sénégal 2050. «Nous sommes déterminés à lever tous les freins et accélérer la mise en œuvre de cette stratégie. En posant la première pierre, nous posons les fondations d’un Sénégal plus résilient, plus juste, plus prospère. Nous posons les fondations d’une Afrique qui ne subit plus la santé, mais qui la maîtrise», a noté le ministre de l’Industrie et du commerce. «Je vous demande de vous approcher de l’Etat pour voir comment nous pouvons, dans 10 ans, ne pas être seulement à 50% (de production locale), mais à 60, voire 70% avec l’aide de l’Etat», a fait comprendre le ministre.

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