La fin du programme inclusion pour une scolarisation universelle de l’Ong Humanité-Inclusion menace plus de 200 élèves à besoins spécifiques qui ne font plus de cours depuis la reprise en janvier. Ceci au grand dam de parents d’élèves de l’école élémentaire inclusive de Thiawlène qui exhortent l’Etat à prendre la situation en main pour assurer à leurs enfants le droit à l’éducation. Huit établissements des régions de Dakar et Ziguinchor disposant d’Auxiliaires de vie scolaire (Avs) sont concernés par le fait.
Par Alioune Badara NDIAYE – Coup de frein sur l’inclusion dans le primaire et le moyen. Depuis le retour des fêtes de fin d’année en effet, les élèves à besoins spécifiques dans les écoles bénéficiant du programme d’inclusion de l’Ong Humanité & Inclusion (Hi, ex-Handicap international) n’ont plus droit aux enseignements qu’assurent les Auxiliaires de vie scolaire (Avs) formés dans le cadre dudit programme pour assurer l’enseignement à ces élèves. La cause : la fin du programme en décembre 2025, combinée à une absence de réaction du ministère de l’Education pour assurer la continuité dans ces écoles. Des parents d’élèves de l’école élémentaire inclusive Thiawlène (Rufisque Est) sont montés dimanche au créneau pour exposer leur désarroi et exhorter, dans la même veine,, l’Etat à réagir face à la situation alarmante. «L’Ong Hi avait démarré un programme pour l’enseignement d’enfants sourds-muets, en formant des enseignants qui deviennent des spécialistes dans la signature pour former ces enfants-là. Le contrat de cet Ong a pris fin en décembre 2025 et n’a pas été renouvelé, et le ministère de l’Education n’a pas donné de solution pour que ces enseignements puissent se poursuivre, afin que nos enfants puissent continuer à bénéficier de leur droit à l’éducation», a indiqué El Hadj Alioune Hann, au nom des parents. «Toute la semaine pratiquement, beaucoup d’enfants ne sont pas allés dans les classes, sinon ils vont aller en classe juste pour être présents et non apprendre, parce que les Avs ne sont pas dans les classes pour leur prodiguer des enseignements», a-t-il déploré. Outre l’école Thiawlène, sept autres établissements, tous implantés dans les régions de Dakar et Ziguinchor, étaient enrôlés dans le cadre du programme pour plus de deux cents élèves pris en charge, selon M. Hann. «Globalement, il y a environ 204 enfants, à ce que nous sachons, et il y a quatre écoles primaires et quatre écoles collèges», a-t-il fait savoir, indiquant que seuls les élèves en classe de Cm2 et de 3ème bénéficient d’une dérogation pour terminer l’année scolaire.
«Aujourd’hui, ce que nous demandons à l’Etat du Sénégal, c’est de régulariser la situation de ces enseignants, de chercher les moyens et de mettre ça en place (…) Imaginez, ces enseignants sont au nombre de 38 et leur salaire réuni ne fait pas cinq millions de francs par mois. Alors que récemment, on a acheté des voitures à des députés. Une seule voiture peut payer un an de salaire de ces 38 enseignants. On ne sacrifie pas ces enseignants, mais plutôt nos enfants», a-t-il pesté. «Ces enfants ne sont pas malades, ce sont des enfants comme les autres, ils ont juste un handicap, et ce handicap n’est pas un frein pour leur développement intellectuel», a-t-il insisté, avec l’idée que ces écoles doivent se multiplier à l’échelle du pays pour assurer l’inclusivité. «Notre combat, c’est de faire en sorte qu’aujourd’hui, même les parents qui ne sont pas au courant de ce genre de programme, et qui ont des enfants qui sont dans cette situation, puissent en bénéficier. C’est un programme qui donne de l’espoir aux parents, qui permet à un enfant de pouvoir se projeter sur son avenir», a noté M. Hann dont l’enfant quitte la commune de Bambilor pour Rufisque-Est.
Alioune Badara NDIAYE
