Ça n’a pas même le temps de savourer la deuxième étoile accrochée de haute lutte à Rabat sur le maillot des Monstres de la Teranga devant un prince alaouite exaspéré, que l’actualité s’emballe pour nous plomber le moral…
D’abord, on apprend avec stupeur qu’un sordide réseau de chez nous prend sa source d’inspiration en France, auprès d’un septuagénaire complètement dégénéré, arrêté en avril 2025, Pierre Robert, dont la mission sur terre consisterait à faire proliférer le Sida, notamment en France, au Maroc et au Sénégal, les «peuples frères», au moyen d’«Ecoles du sexe».
Excusez du peu…
Il lance la start-up du Sida en 2017, et investit plus de 50 000 euros pour divers frais d’établissements via des transferts à ses acolytes. C’est ainsi qu’il recrutera des comparses au Sénégal, séropositifs de préférence, chargés d’initier des adolescents de moins de quinze ans aux turbulences du sexe avant l’heure, par des conduits inhabituels.
Les enquêteurs, à force de bien chercher, finissent par dénicher près de 50 000 fichiers, bien au frais dans son ordi, dont des vidéos pornographiques qui mettent en scène des p’tits Sénégalais. En un mot comme en cent, c’est un réseau de pédopornographie que l’on vient de débusquer, qui déploie ses ramifications jusque chez nous…
Il faut de tout pour faire un monde ?
Là, l’affaire se corse : les arrestations commencent au pays du Ter-en-gare, et une douzaine de suspects passe le week-end en garde à vue dans les locaux de la gendarmerie de Keur Massar, parmi lesquels le roi de «La nuit du Bazin», le chanteur Djiby Dramé, et l’animateur vedette de la Tfm, le prince de l’émission-phare du Ramadan, «Quartier Général», Pape Cheikh Diallo.
Chienne de vie ?
L’onde de choc tétanise tout un pays, qui se partage entre ceux terrifiés à l’idée que le Sida se répande et les autres, plutôt soucieux de l’orientation sexuelle des célébrités. L’enquête ne fait que commencer, et des arrestations sont annoncées sur les réseaux sociaux.
Pour tout dire, il y a du suce-pinces dans l’air…
Je le prévoyais, certes, on n’a pas une minute pour s’ennuyer depuis 2024, mais la réalité dépasse largement la fiction. Au moment où tout ce beau monde est pisté, dépisté et coffré en attendant que la Justice se penche sur leurs cas, un autre feuilleton, tout aussi haletant, démarre en trombe : les étudiants de l’Ucad, lassés de réclamer poliment des arriérés de bourses et de crever la dalle, décident de passer à la vitesse supérieure…
Une «Journée sans tickets» se décrète en représailles, pour punir l’administration du Coud. Un premier restaurant est saccagé en guise de hors-d’œuvre. Entre le 6 et le 8 février 2026, ça se déchaîne, et le face-à-face avec les Forces de l’ordre devient inévitable… Une première bataille sur la corniche finit par voir des étudiants attaquer à coups de pierres un fourgon de policiers qui doit battre en retraite précipitamment, pour éviter le même sort que leurs six collègues brûlés vifs sur le boulevard du Général de Gaulle, le 16 février 1994.
Les étudiants n’ont alors pas le triomphe modeste : ça plastronne, se glorifie, prend ses aises : la corniche, jonchée de projectiles, est à eux.
Dans ma p’tite tête, les Forces de l’ordre et de défense ne laisseront pas l’affront impuni. Comme il faut s’y attendre, elles débarquent en masse le lundi 09 février 2026, harnachées, surarmées, mines patibulaires : il n’y aura pas de quartier…
C’est le moment de s’incliner devant la mémoire de Abdoulaye Bâ, un jeune Sénégalais à l’avenir prometteur, étudiant en deuxième année de médecine, battu à mort, selon les témoins. Comme Baba Ndiaye, au milieu des années 80 : vendeur à la sauvette, accusé de vol, torturé à mort par des policiers, son affaire finira par la radiation de la police… Combien de familles détruites et de destins broyés ? Cette comptabilité insupportable ne sera jamais révélée.
C’est à ce moment que le médecin après la mort, pardon, le gouvernement du régime «Diomaye n’est plus Sonko», sort de sa torpeur et convoque la presse.
Les ministres sont cinq, comme les doigts d’une main, pour ne pas parler le même langage… Y’a celui de l’Enseignement supérieur, qui tente d’expliquer le pourquoi du comment des contentieux entre étudiants et gouvernants. Puis celui de l’Intérieur, qui révèle l’existence de forces obscures qui téléguident les étudiants, et promet de sévir jusque dans sa propre maison parce que ses sous-fifres sont largement dans l’excès de zèle ; c’est vrai, le Premier ministre-président (de Pastef), la semaine passée, après une revue des troupes policières auxquelles son ministre de l’Intérieur joindrait volontiers la gendarmerie, annonce alors une nouvelle politique de sécurité publique : ceci expliquerait-il cela ? Par la suite, dans ce face-à-face du gouvernement avec la presse, on aura droit à celle de la Justice, qui jure de faire la lumière sur cette affaire ; on me permettra d’en douter, au regard des affaires qu’elle décide de poursuivre et qui finissent par un fiasco… Et puis, il y a celui des Forces armées, qui parle le langage du Diomaye Nouveau, lequel appelle à la paix des cœurs et la réconciliation nationale.
Défense de ricaner.
Quoi du président de la République et son «meilleur Premier ministre de tous les temps» ? Ben, ils ont pris chacun leur chemin de traverse. L’un, officiellement, en escapade économique dans les bas-fonds de l’Est, sans doute pour repérer les nouvelles ouailles de la coalition «Diomaye Président en 2029» ; et l’autre, en politique buissonnière pour mesurer sa cote d’amour avant les prochaines échéances électorales.
En résumé, juste deux manières de creuser sa propre tombe politique.
Par Ibou FALL
