En marge des Assemblées annuelles du Fmi et de la Banque mondiale à Bangkok, le président du Forum du justiciable, Babacar Ba, s’est entretenu directement avec Kristalina Georgieva, Directrice générale du Fmi, et Ajay Banga, président du Groupe de la Banque mondiale. Portant la voix du Sénégal et du continent africain, le leader de la Société civile a plaidé pour un accès plus équitable aux financements, une prise en compte des réalités locales et des réformes centrées sur le bien-être social et l’emploi des jeunes.

En direct des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (Fmi) et du Groupe de la Banque mondiale à Bangkok, la voix de la Société civile sénégalaise et africaine a résonné avec force. Babacar Ba, président du Forum du justiciable, est intervenu devant les plus hauts dirigeants des institutions financières internationales pour exiger un changement paradigmatique dans les relations de financement avec le continent africain.

Entre défis d’endettement, urgence climatique, chômage des jeunes et manque d’infrastructures, l’organisation de défense des droits et de la justice sociale entend rappeler aux bailleurs de fonds que l’Afrique ne peut plus se contenter de solutions génériques.

«Des financements plus accessibles et plus équitables»

S’exprimant au nom de son organisation depuis la capitale thaïlandaise, après avoir rencontré les patrons du Fmi et de la Banque mondiale, Babacar Ba a fermement plaidé pour une refonte des mécanismes d’octroi de crédits et d’aides au développement. Pour le président du Forum du justiciable, le potentiel du continent est bridé par des règles financières inadaptées. «Malgré un potentiel considérable en ressources naturelles et économiques, notre continent continue de faire face à des contraintes asphyxiantes liées à l’endettement et au financement du développement. Nous demandons instamment des mécanismes de financement plus adaptés, plus accessibles et plus équitables, capables de répondre efficacement aux urgences de nos nations», enchaîne Babacar Ba, président du Forum du justiciable.

Le forum insiste sur le fait que la réussite des programmes de développement repose sur leur adéquation avec les réalités socioculturelles et les priorités stratégiques de chaque pays.

Gouvernance et reddition des comptes : un coup de chapeau au modèle sénégalais

Revenant sur la situation nationale, le Forum du justiciable a salué le nouvel accord intervenu entre l’Etat du Sénégal et le Fmi, tout en mettant en avant les réformes courageuses entreprises par les autorités sénégalaises dans la moralisation de la vie publique.

Babacar Ba a tenu à souligner l’engagement du Sénégal en matière de lutte contre la corruption, de transparence des finances publiques et de justice sociale : «les réformes engagées par le Sénégal dans la gestion des finances publiques, la reddition des comptes et la lutte contre la corruption traduisent une volonté politique forte de consolider l’Etat de Droit. Il appartient désormais au Fmi et à la Banque mondiale d’accompagner cet effort national par un soutien technique renforcé et des financements à la hauteur des ambitions de transformation», enchaîne Babacar Ba.

L’humain au cœur du développement : «La croissance n’est pas une fin en soi»

L’un des moments forts de cette déclaration reste le rappel à l’ordre sur la finalité des politiques macroéconomiques. Face à des indicateurs financiers parfois déconnectés du quotidien des citoyens, Babacar Ba a appelé à remettre l’humain et le bien-être social au centre des priorités du Fmi et de la Banque mondiale. «La croissance économique ne saurait être considérée comme une fin en soi. Elle n’a de sens que si elle se traduit concrètement dans le quotidien des populations : par la réduction des inégalités, un accès universel à une éducation et une santé de qualité, et la création d’emplois décents pour notre jeunesse», ajoute le président du Forum du justiciable.

En conclusion de son plaidoyer, le Forum du justiciable réaffirme sa détermination à porter la voix des peuples africains dans toutes les instances décisionnelles internationales. Appelant à une solidarité globale plus équilibrée, Babacar Ba invite l’ensemble des partenaires au développement à bâtir un modèle inclusif, durable et respectueux des générations futures.