«Je ne peux que trahir mon serment devant Dieu et le peuple.» Face aux critiques l’accusant de «trahison» envers Ousmane Sonko et Pastef, ainsi qu’à une prétendue soumission au Fonds monétaire international (Fmi) ou aux Partenaires techniques et financiers (Ptf), le chef de l’Etat a opposé une réponse tranchante. Rejetant catégoriquement toute idée d’allégeance partisane ou d’engagements extérieurs, Bassirou Diomaye Faye a rappelé le fondement exclusif de sa légitimité : «La seule chose que je suis susceptible de trahir, c’est le serment que j’ai prêté le 2 avril 2024, face au Peuple sénégalais et devant Dieu. Au-delà de ce référent, il n’y a rien d’autre qui m’engage.» Cette ligne de conduite s’applique, selon lui, à l’ensemble de l’action gouvernementale, y compris à la Loi de finances rectificative et aux principaux textes législatifs.
Rupture avec Ousmane Sonko : les précisions du chef de l’Etat
Abordant sans détour la séparation politique avec son ancien mentor et ex-Premier ministre Ousmane Sonko, le président de la République, qui commente pour la première fois cette décision, a clarifié les raisons de ce tournant institutionnel et politique : «nous avons eu des divergences persistantes sur certains sujets», a-t-il expliqué. Face à cette situation, il a fait usage des prérogatives constitutionnelles pour le limoger : «Le président de la République que je suis, l’avait choisi comme Premier ministre en vertu des pouvoirs qui me sont conférés par la Constitution. Quand cette rupture de confiance a persisté, je me suis choisi un autre Premier ministre.» Et la continuité de l’Etat se poursuit, assurant que les institutions fonctionnent normalement, il a martelé : «Le Sénégal avance et la République fonctionne à l’heure, et c’est la seule chose qui soit immuable.»
Dissolution de l’Assemblée nationale : «Rien n’est exclu»
Interrogé sur la possibilité de dissoudre l’Assemblée nationale pour débloquer la situation politique, Bassirou Diomaye Faye a temporisé tout en gardant cette option sur la table. «Nous ne sommes pas encore au 2 décembre», a-t-il souligné, précisant qu’il n’y a «aucune fixation concernant la dissolution ou l’organisation d’élections à telle ou telle date», dit-il. Le Président ne renonce pas toutefois à ses prérogatives constitutionnelles : «Tout est question de nécessité ou de contexte. Le moment venu, selon ce qu’on aura en face, on décidera.» Appelant chaque institution à faire preuve de responsabilité, le chef de l’Etat a conclu : «La seule boussole, c’est l’intérêt supérieur du Peuple sénégalais et la fluidité dans la communication des institutions. Nous ne pensons pas qu’il puisse y avoir un blocage qui soit absolument insurmontable.»
