A quelques jours de la rentrée scolaire prévue le 7 octobre, le Comité départemental de développement (Cdd) préparatoire a fait le point sur l’état du système éducatif dans le département de Vélingara. La rencontre, qui a réuni autorités administratives et scolaires, élus locaux, enseignants, partenaires sociaux et acteurs de l’éducation, a mis en évidence d’importants déficits en enseignants, en salles de classe et en tables-bancs. Et ce n’est pas tout. De quoi s’interroger sur le «Ubbi tey jang tey».

Par Abdoulaye KAMARA – Le département de Vélingara prépare sa rentrée scolaire 2027 dans un contexte qui suscite quelques inquiétudes. Réunis dans le cadre d’un Comité départemental de développement (Cdd) préparatoire à la rentrée prévue le 7 octobre, l’Inspecteur départemental de l’éducation, Maguette Diop, a procédé à un état des lieux des structures scolaires, dressé le bilan de l’année écoulée et posé les problèmes à affronter en urgence par tous les acteurs. Dans son exposé, l’inspecteur de l’Education a relevé le bilan élogieux de sa circonscription aux différents examens de l’année passée, notamment au Certificat de fin d’études élémentaires (Cfee), avec un taux de réussite de 97, 17%, ainsi qu’au Bfem (98, 99%).

Ces bons points, fruit d’«un travail acharné des enseignants et des partenaires sociaux», cachent mal le dénuement infrastructurel, humain et logistique de la circonscription. L’inspecteur Diop a renseigné : «Au Mouvement national des enseignants, Vélingara a enregistré 82 départs pour 23 arrivées, soit une différence négative de 59 enseignants. Ce déficit en personnel vient s’ajouter au manque de l’année scolaire écoulée.» Un déficit qui a obligé Maguette Diop et ses équipes à créer 5 classes double-flux et 463 classes à cours multiples. Dans les écoles élémentaires et moyennes de Vélingara, se dressent 380 salles de classe en huttes ou en lattes de bambou tressées. Selon toujours Maguette Diop, l’inspection de l’Education a un déficit de 2000 tables-bancs. Des réalités qui ne rassurent personne relativement à un démarrage effectif des cours le 7 octobre.

Ce n’est pas tout. La persistance des pluies constitue une source de préoccupation pour les établissements scolaires, particulièrement ceux confrontés à des problèmes d’infrastructures ou d’accessibilité. Et puis, la disponibilité des élèves n’est pas garantie le jour j et les jours suivants du fait qu’ils sont souvent retenus dans les champs en cette période de campagne agricole. Une situation qui pourrait rendre difficile l’effectivité du slogan «Ubbi tey, jang tey», qui ambitionne de faire démarrer les enseignements dès le premier jour de la rentrée.

Face à ces contraintes, l’autorité scolaire a appelé à une mobilisation de tous les acteurs afin de créer les conditions nécessaires à une reprise effective des cours. L’adjointe du Préfet du département, Mme Ndèye Sall, qui a présidé la rencontre, a également insisté sur la nécessité d’une implication accrue des collectivités territoriales et des communautés. Les maires sont invités à jouer pleinement leur rôle dans la prise en charge des besoins urgents des établissements scolaires de leurs communes, notamment en dotant les écoles de craie et en contribuant à la désinfection/désinsectisation des salles de classe par le biais du Service d’hygiène.

akamara@lequotidien.sn