Le Complexe Institut Mozdahir International de Kolda a regroupé, pendant 3 jours -du mercredi au vendredi-, près de 400 jeunes et moins jeunes, tous ressortissants du département de Vélingara, pour un atelier de renforcement de capacités axé sur le thème : «Islam, paix et développement.» Ces adeptes de l’école chiite de l’islam, fidèles du guide religieux Mawlana Chérif Mohamed Aly Aïdara, majoritairement des jeunes filles et garçons, ont parcouru les origines de la division de l’islam entre chiites et sunnites, les différences doctrinales et de pratiques cultuelles. Ils ont aussi visité les relations entre l’islam, la paix et le développement, thème de l’atelier.

Par Aladji BANDJILANG – Le guide religieux de l’islam chiite Mozdahir, Mawlana Chérif Mohamed Aly Aïdara, peut être satisfait du travail accompli par lui et ses lieutenants dans la vulgarisation de l’islam chiite au Sénégal, dans la région de Kolda particulièrement. Près de 400 ressortissants des communes de Saré Coly Sallé, de Vélingara et de Bonconto, situées dans le département de Vélingara, ont reçu, du mercredi 24 au vendredi 26 décembre, à leur demande, des cours sur le chiisme. Parmi ces fidèles musulmans chiites (dont certains sont des néophytes), se trouve une majorité de jeunes filles et de jeunes garçons d’une moyenne d’âge de 20 ans. C’est d’ailleurs pourquoi la période des congés scolaires a été choisie pour cette formation. Un atelier organisé à la demande des participants au lendemain de la commémoration du deuil d’Achoura, au mois de juillet dernier dans le village natal du guide religieux, à Daroul Hijrat situé dans le département de Vélingara, a renseigné Chérif Mohamed Aly Aïdara venu clôturer ledit atelier. Ces jeunes et moins jeunes ont, dans la calme et la solennité de la mosquée sise dans le Complexe éducatif de l’Institut Mozdahir Inter­national de Kolda, écouté attentivement des enseignements sur l’histoire de la division de l’islam entre sunnites et chiites, les fondements sociologiques de cette division et les différences de pratiques cultuelles et rituelles entre sunnisme et chiisme. Et puis les facilitateurs qui sont des érudits de l’islam chiite au Sénégal ont insisté sur les notions de travail, de paix, de développement. Le tout concourant à démontrer que «la vérité est dans le culte chiite de l’islam. Que les participants comprennent que le chiisme est l’islam originel comme enseigné par le prophète et prescrit dans le Saint Coran, provenant directement de Dieu. Et qu’ils comprennent que tous les clichés déformants collés au chiisme ne sont que fausses accusations, la perpétuation des machinations d’ennemis du prophète Mohamed (Psl) et de sa famille», a insisté Cheikh Taha Ahmad Sougou, un des facilitateurs. Il ajoute : «Que les participants comprennent que le triptyque «Islam, développement et paix» est inscrit dans la ligne de conduite de la communauté Mozdahir, une ligne inspirée de l’islam qui est une religion de paix. Que le développement ne doit pas être simplement de l’ordre du matériel, mais une élévation des esprits, un développement par la conscience et que sans la paix, impossible d’envisager le développement et d’obtenir les résultats auxquels le peuple aspire.» Ce n’est pas tout. Selon Cheikh Taha Ahmad Sougou, l’autre objectif visé par cette rencontre est d’«effacer de l’esprit des participants toutes les fausses informations et caricatures relayées sur Mawlana Chérif Mohamed Aly Aïdara, qui sont le fait de ceux qui ne veulent pas que le chiisme se propage dans cette zone, qui accusent Mawlana de tout, le caricaturent comme ce n’est pas permis. Nous voulons donner la bonne information aux participants, des éclairages argumentés, puisés dans les sources coraniques et les hadiths. Montrer que Chérif Mohamed Aly Aïdara est dans la vérité, qu’il est l’incarnation même de l’islam originel».

Tous les enseignements délivrés, de manière interactive, pendant ces 3 jours, ont puisé leurs références dans le saint Coran que la doctrine chiite a en partage avec le sunnisme. Pourquoi donc chiites et sunnites, qui ont en commun le même Livre Saint comme référence, divergent-ils dans les pratiques ? Cheikh Taha Sougou : «Il y a des divergences réelles entre sunnites et chiites. Des divergences sur les fondamentaux de l’islam. Les sunnites n’acceptent pas la wilaya qui est l’incarnation de la foi, l’explication ésotérique de la prophétie. De là est née la substitution de l’autorité qui devait succéder au prophète Mohamed (Psl), après sa disparition, par une autre autorité choisie par un groupe d’hommes. Par conséquent, ceux qui avaient la légitimité d’enseigner l’islam sont écartés et n’avaient plus le pouvoir de le faire. C’est là où tout à commencer.»

«Il faut travailler à ce que la paix soit une culture du peuple»

Mawlana Chérif Mohamed Aly Aïdara a manifestement été agréablement surpris par la jeunesse de son auditoire, quand il a fait face au public pour prononcer, vendredi passé, son discours de clôture des 3 jours de formation de près 400 de ses talibés dans le Complexe éducatif de l’Institut Mozdahir International de Kolda. A l’endroit du public, il a reconnu : «On peut garder un grand espoir pour l’avenir du Fouladou avec cette jeunesse qui accepte d’être formée, qui a choisi l’islam originel comme référence. Si une philosophie, une doctrine est acceptée par les jeunes, alors elle est bien implantée, elle peut se propager facilement. C’est très encourageant. Les jeunes sont plus enclins à accepter des changements que les adultes.» Abordant le thème de la paix, Mawlama Chérif Mohamed Aly Aïdara a insisté : «L’islam est une religion de paix. C’est pourquoi nous insistons sur la connaissance de l’islam qui est une religion de paix. Pour asseoir la paix, il faut travailler à ce que la paix soit une culture du peuple. C’est dans la paix qu’il sera possible de développer la tolérance, la fraternité, le partage.» «La paix, l’amour, la tolérance, le partage sont les leviers du développement comme enseignés par le prophète de l’islam et appliqués par Chérif Mohamed Aly Aïdara à travers l’Ong Moz­dahir International», a précisé Cheikh Taha Ahmad Sougou, un de proches collaborateurs et talibé du guide religieux de l’islam chiite Mozdahir.

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