Vers la fin du feuilleton judiciaire pour Ousmane Sonko ? En fixant l’examen de la réforme du Code électoral au 28 avril, l’Assemblée nationale s’apprête à lever les derniers verrous sur l’éligibilité du Premier ministre. Entre procédure d’urgence pour les articles L.29 et L.30, et retouche du Règlement intérieur, ce calendrier législatif crucial marque une étape décisive pour la pleine réhabilitation politique du leader de Pastef et la stabilité des institutions.

Par Justin GOMIS – L’Assemblée nationale entre dans une zone de turbulences législatives. La Conférence des présidents, réunie ce vendredi 24 avril 2026, a tracé la feuille de route d’un marathon parlementaire décisif. Entre modification du Code électoral et révision du Règlement intérieur, l’enjeu dépasse le simple cadre technique : il s’agit de lever les derniers verrous sur l’éligibilité du Premier ministre Ousmane Sonko, qui peut compter sur sa majorité parlementaire.

Pour le Code électoral, c’est l’urgence des articles L.29 et L.30. Et le dossier est qualifié de «brûlant» dans les couloirs de l’Hémicycle. La proposition de loi n°11/2026, visant à modifier les articles L.29 et L.30 du Code électoral, sera examinée selon une procédure d’urgence. Ces deux articles, pivots de la discorde politique ces dernières années, déterminent les conditions d’inéligibilité automatique suite à certaines condamnations judiciaires.

Pour le Premier ministre Ousmane Sonko, cette réforme est capitale. Elle représente la clé de voûte de sa pleine réhabilitation politique, lui permettant d’effacer les scories des procédures judiciaires passées qui pesaient sur ses droits civiques. Le calendrier est serré : la Commission technique se réunit dès ce samedi 25 avril à 9h 00, avant le grand saut vers la séance plénière prévue le mardi 28 avril 2026 à 10h 00. Cette réforme entre dans un contexte de fortes suspicions, surtout que le ministre de l’Intérieur essaie de relancer le dialogue avec les acteurs politiques en les recevant ce 30 avril. Pour eux, l’Etat est en train de procéder à des réformes sans consensus ou discussions préalables.

Outre la question électorale, les députés procéderont également à la ratification de la liste des membres du Comité permanent d’évaluation des politiques publiques. Une étape administrative certes, mais qui renforce le contrôle parlementaire sur l’action du gouvernement dirigé par Sonko.

Règlement intérieur : l’acte 2 en mai

Le second volet de cette offensive législative concerne la proposition de loi n°10/2026 portant modification de l’article 118 du Règlement intérieur. Si le rythme semble moins effréné, l’objectif reste le même : harmoniser le fonctionnement de l’institution avec les nouvelles réalités politiques.

La Commission technique se penchera sur ce texte le mercredi 6 mai, tandis que le vote final en plénière est programmé pour le vendredi 8. Cette retouche du Règlement intérieur est souvent perçue comme un préalable nécessaire pour stabiliser les relations entre l’Exécutif et le Législatif, évitant ainsi les blocages institutionnels que le Premier ministre a pu dénoncer par le passé.

Les enjeux d’un marathon

En choisissant la procédure d’urgence pour le Code électoral, la majorité parlementaire affiche sa volonté de clore définitivement le débat sur l’éligibilité de ses leaders. Pour Ous­mane Sonko, la semaine prochaine s’annonce comme celle de la consolidation de son autorité, non plus seulement à la Primature, mais sur l’échiquier électoral futur. L’Hémicycle s’apprête ainsi à vivre des journées qui redessineront, sans aucun doute, le visage de la démocratie sénégalaise pour les années à venir.

justin@lequotidien.sn