Le Front pour la défense de la République (Fdr) a vigoureusement dénoncé, hier, la proposition de loi déposée par le Groupe parlementaire Pastef. Visant à modifier les conditions d’éligibilité, ce texte est qualifié par l’opposition de manœuvre «personnalisée» et de recul démocratique sans précédent. Une réforme jugée «sur mesure» par l’opposition.
Dans une déclaration au ton particulièrement offensif, le Front pour la défense de la République (Fdr) ne mâche pas ses mots : la modification de l’article L.29 et l’abrogation de l’article L.30 du Code électoral constituent un «coup de force institutionnel en gestation». Pour le regroupement de l’opposition, cette initiative rompt avec la tradition de consensus qui prévalait au Sénégal depuis 1992.
Le Fdr soutient que cette loi n’a pas de portée générale, mais qu’elle est «taillée à la mesure d’un seul homme», faisant allusion à l’éligibilité de Sonko dont l’avenir politique est toujours incertain à cause de sa condamnation pour diffamation dans le dossier Mame Mbaye Niang, qui avait invalidé sa candidature lors de la Présidentielle de 2024. Le document pointe du doigt la situation judiciaire du leader de Pastef -mentionnant ses condamnations et son statut de contumax- pour affirmer que la loi est rendue rétroactive à la seule fin de servir ses ambitions personnelles.
Des accusations de fraude et de conflit d’intérêts
L’opposition va plus loin en dénonçant une instrumentalisation des institutions de l’Etat. Selon le communiqué, le ministère de l’Intérieur aurait été utilisé pour une inscription «frauduleuse» du président de Pastef sur les listes électorales, et le ministère de la Justice aurait facilité une procédure de révision de jugement dans un «manifeste conflit d’intérêts». Alors que la majorité actuelle à l’Assemblée nationale serait issue d’une «rétention illégale» d’une décision du Conseil constitutionnel.
Vers une épreuve de force dans la rue
Face à ce qu’il qualifie de «forfaiture», le Fdr exige le retrait immédiat et sans condition du texte. Il réclame l’ouverture d’une concertation inclusive sur le Code électoral, supervisée par des personnalités neutres.
Le ton est désormais à la mobilisation. La Conférence des leaders du Fdr a annoncé entamer des contacts avec la Société civile et les Forces vives de la Nation pour organiser des manifestations massives à Dakar et dans toutes les régions du pays. «Lorsqu’elle devient l’instrument d’une faction, n’appelle qu’une seule réponse : la résistance», prévient le front d’opposition.
