R éuni en session à Dakar ce 13 juin 2026, le Secrétariat exécutif national (Sen) de l’Alliance pour la République (Apr) a dressé un réquisitoire sévère contre le régime en place. Entre dégradation socio-économique et ce qu’il qualifie de «forfaiture politique», le parti de l’ancien Président Macky Sall dénonce une tentative de révision constitutionnelle «à marche forcée» par la majorité parlementaire, au mépris de la souveraineté populaire. L’Apr appelle à une mobilisation générale pour exiger la voie référendaire. L’Alliance pour la République (Apr) ne cache pas son inquiétude face à la trajectoire actuelle du pays. Réuni ce jour à Dakar, le Secrétariat exécutif national (Sen) a procédé à une analyse sans concession de la situation nationale. Le constat de l’instance dirigeante est alarmant : le Sénégal traverse une phase de «fortes turbulences». L’Apr pointe du doigt une dégradation continue des conditions de vie des Sénégalais, marquée par la flambée du coût de la vie et l’érosion du pouvoir d’achat, la persistance du chômage et les difficultés croissantes d’accès à l’emploi, la recrudescence des coupures d’électricité et des incertitudes économiques qui fraglisent la confiance des citoyens et des investisseurs. «Alors que les Sénégalais attendent des réponses concrètes à leurs difficultés

quotidiennes, le pouvoir semble davantage préoccupé par des querelles de

positionnement politique, des luttes de leadership et des réformes institutionnelles dont l’urgence n’est nullement démontrée», fustige le Sen dans

son communiqué. La révision constitutionnelle qualifiée de «forfaiture politique»

Au cœur de la colère de l’Apr, se trouve la proposition de révision constitutionnelle engagée par les députés de la majorité parlementaire, actée par le Bureau de l’Assemblée nationale. Pour le parti de l’opposition, cette

démarche s’inscrit dans la continuité d’une série de manquements, après ce qu’il qualifie d’«installation par effraction» du président de l’Assemblée nationale, en violation de l’article 54 de la Constitution. L’Apr dénonce une réforme menée en l’absence de tout débat démocratique et sans consensus national. Plus encore, le parti s’étonne des dysfonctionnements au sommet de l’Etat, évoquant une «regrettable lutte de paternité» et des rivalités manifestes entre l’Exécutif et le Législatif. Le communiqué souligne le caractère «cavalier» de l’initiative parlementaire, qui tente de supplanter le projet de réforme du

président de la République, lequel avait pourtant déjà été soumis pour avis au

Conseil constitutionnel. Une précipitation qui, selon l’Apr, traduit des calculs

politiques internes et des rapports de force au sein du pouvoir, plutôt qu’une

réelle volonté de réforme. Le Peuple écarté : le reniement des principes démocratiques L’opposition critique fermement la méthode adoptée, signalant qu’aucune concertation préalable n’a été menée avec les forces politiques, la Société civile, les universitaires ou les organisations professionnelles. Le Sen de l’Apr note une contradiction flagrante chez les dirigeants actuels : «Ceux qui, hier encore, réclamaient davantage de participation citoyenne, dénonçaient les révisions constitutionnelles imposées d’en haut […] choisissent aujourd’hui d’écarter le Peuple qu’ils sont pourtant censés représenter.» Pour l’Apr, la refondation de l’architecture institutionnelle ne peut se décider en comité restreint à l’Assemblée nationale. Le parti rappelle avec force qu’une Constitution n’appartient à aucune majorité circonstancielle, mais exclusivement au Peuple sénégalais. Face à ce qu’elle qualifie de «tentative de passage en force» et de «dérive institutionnelle», l’Apr exige le respect de la souveraineté populaire, affirman t qu e de s modifications aussi profondes de la Charte fondamentale ne peuvent être adoptées sans l’approbation directe des citoyens par la voie du référendum. En conclusion, le parti lance un appel

pressant à l’unité et à l’action aux partis politiques de l’opposition, aux organisations de la Société civile, aux syndicats, aux universitaires, intellectuels et organisations de jeunesse. L’Apr exhorte toutes les Forces vives de la Nation à une «mobilisation citoyenne, démocratique et républicaine» pour faire barrage à cette réforme et défendre le patrimoine.