En tournée politique dans la région de Dakar, le leader du parti Ldr/Yeesal, Modou Diagne Fada, est monté au créneau face au projet de modification du Code électoral. Dans un discours offensif, il accuse la majorité de vouloir imposer des réformes «sans consensus», et alerte sur une tentative de manipulation des règles du jeu démocratique en vue de l’élection présidentielle de 2029.
Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – En pleine tournée de remobilisation dans les cinq départements de la région de Dakar, le président du parti Ldr/Yeesal, Modou Diagne Fada, a profité de la rencontre avec ses responsables politiques pour dresser un tableau critique de la situation nationale. Une tournée inscrite à la fois dans la perspective du 10e anniversaire de son parti et dans un contexte politique qu’il juge préoccupant.
D’emblée, le leader libéral a rappelé que cette tournée a pour objectif de renforcer les bases du parti en vue des prochaines échéances politiques, mais également de rendre hommage à des figures historiques du paysage politique sénégalais, notamment l’ancien Président Abdoulaye Wade qu’il considère comme «le père de l’alternance démocratique» et un acteur majeur de la démocratie moderne au Sénégal.
Mais très vite, le ton est monté. Modou Diagne Fada a surtout concentré son intervention sur les tensions politiques actuelles et sur le projet de révision du Code électoral. Selon lui, les signaux envoyés par la majorité sont préoccupants et traduisent une volonté de «passage en force institutionnel». «Nous refusons une démarche cavalière qui consiste à modifier les règles du jeu électoral sans consensus», aurait-il martelé devant ses militants, rappelant que le Sénégal a bâti sa stabilité démocratique sur le dialogue politique et la concertation.
Le leader de Ldr/Yeesal a insisté sur le fait que le Code électoral sénégalais repose historiquement sur un principe fondamental de consensus, hérité notamment des réformes engagées sous l’ancien Président Abdou Diouf dans les années 1990. Pour lui, toute tentative de modification unilatérale constitue une rupture dangereuse avec cette tradition. Dans son intervention, Modou Diagne Fada accuse également la majorité parlementaire de vouloir utiliser sa force numérique à l’Assemblée nationale pour imposer des changements ciblés. Il estime que certaines dispositions envisagées viseraient à modifier des articles sensibles du Code électoral afin d’ouvrir la voie à des ambitions politiques futures.
Sans nommer directement les personnes concernées, il évoque une volonté de «remodeler la loi pour des intérêts individuels», ce qu’il qualifie de dérive grave dans un Etat de Droit. «Une loi doit rester générale et impersonnelle. On ne peut pas fabriquer un cadre juridique sur mesure pour satisfaire des ambitions politiques», a-t-il soutenu avec fermeté, appelant les forces démocratiques à rester vigilantes.
Dans la foulée, le président de Ldr/Yeesal a lancé un appel à l’unité de l’opposition. Selon lui, les partis et mouvements politiques opposés au régime doivent dépasser leurs divergences pour constituer un front commun, notamment en perspective des élections territoriales à venir. Il a également évoqué la situation sociale du pays, marquée selon lui par une succession de crises sectorielles : grèves dans l’éducation, tensions dans le transport, difficultés dans la santé et précarité persistante chez les jeunes et les travailleurs informels. Autant de signaux qui, pour lui, traduisent une gouvernance en difficulté.
Enfin, Modou Diagne Fada a conclu son intervention sur une note historique et militante, rappelant les combats menés par sa génération pour l’ancrage de la démocratie au Sénégal. Il affirme que les acquis démocratiques ont été obtenus au prix de sacrifices importants et qu’ils ne sauraient être remis en cause par des réformes opportunistes.
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