Un désaveu inédit de la solidarité gouvernementale ? Le Front pour la défense de la République (Fdr) fustige «le spectacle affligeant et inédit d’un chef de gouvernement rejetant publiquement la faute sur ses ministres» concernant la campagne arachidière. La conférence des leaders de cette organisation de l’opposition soutient que cette attitude «constitue un piétinement manifeste du principe constitutionnel de solidarité et de collégialité gouvernementales, tel que consacré par l’article 56 de la Constitution, et achève de décrédibiliser cet engagement du Premier ministre». Le Fdr, qui dénonce cet acte, fait savoir que «ce dernier a aussi choisi de persister dans sa posture populiste de dénonciation publique du Fmi et des institutions internationales». Selon les membres de cette organisation, Ousmane Sonko «donne ainsi l’impression de s’intéresser au polissage de son image personnelle de «héros» ou de «guide de la révolution» plutôt qu’à la recherche de solutions réalistes à la crise d’insolvabilité qui menace le Sénégal».

Critiquant la gestion du pays par le régime Pastef, les membres de l’opposition souligne que le «naufrage économique contraste de façon indécente avec l’opulence affichée par l’élite au pouvoir». Et d’ajouter : «Et le dernier exemple en date, l’acquisition de véhicules de luxe pour les députés, via des mécanismes de financement opaques, constitue une véritable insulte à la souffrance des ménages sénégalais.»

Sur le plan institutionnel, le Fdr trouve que «la République est de plus en plus abîmée». Et d’expliquer: «Les invectives s’aggravent jusqu’au sein même de la majorité parlementaire n’épargnant plus le président de l’institution.» Abordant la question de l’éventuelle réouverture du procès pour diffamation qui l’oppose à Mame Mbaye Niang, le Fdr souligne que «le maintien en fonction du Premier ministre, en dépit d’un manifeste conflit d’intérêts dans une procédure judiciaire le concernant, témoigne d’un affaissement moral de l’Etat». Poursuivant leurs propos, les responsables de l’opposition notent que «l’opacité entourant les réformes constitutionnelles annoncées laisse craindre une instrumentalisation de la loi fondamentale du Sénégal à des fins politiciennes».

Et de dénoncer : «Le minimum de décence républicaine exigeait pourtant la transparence totale sur ces projets et la publication des textes y afférents.»

Attirant l’attention sur «la gravité de l’heure», le Fdr «appelle à la coordination des initiatives de toutes les forces politiques, syndicales, associatives en lutte contre les dérives de ce gouvernement». Et de déclarer : «Il devient en effet impératif de construire un bloc puissant pour faire barrage à l’incompétence et aux injustices notées, et pour limiter les dégâts déjà bien dommageables.»

Dans cette optique, il annonce qu’il «ira, dans les tout prochains jours, à la rencontre des partis, mouvements et personnalités de l’opposition pour échanger sur un cadre unique de concertation et d’action commune».

Oumar Sarr, nouveau coordonnateur du Fdr

Le nouveau cap sera piloté par une nouvelle figure de proue. En application de sa charte, le Fdr a désigné Oumar Sarr, président du Pld/And Suqali, comme nouveau coordonnateur. Il succède à Samba Sy, Secrétaire général du Pit dont le travail a été salué par ses pairs.

Le Front prévoit désormais de renforcer sa présence sur le terrain pour échanger directement avec les populations impactées par la cherté de la vie et les choix économiques du régime Pastef.

Par Dieynaba KANE – dkane@lequotidien.sn