A l’occasion de la pose de la première pierre de la «Résidence Impérial» – un projet d’envergure porté par l’Association des dirigeants, entre-preneurs et cadres catholiques du Sénégal (Adecs) en partenariat avec Sablux Immobilier-, l’Archevêque de Dakar a lancé un vibrant appel à la solidarité et à la fin des rivalités. Le prélat a également plaidé pour une plus grande autonomie financière de l’Eglise afin de pérenniser les actions sociales de Caritas et des œuvres diocésaines.
Par Amadou Mbodji – L’Archevêque de Dakar invite à la synergie des forces et à l’abandon des rivalités pour l’atteinte des objectifs de développement. «Que chacun puisse devenir un champion là où il est, sans tomber dans la rivalité qui nous fait tant de mal. Nous devons nous encourager mutuellement pour réussir ensemble. C’est cela la synodalité dans laquelle nous avons inscrit notre plan pastoral. Nous sommes plus forts lorsque nous travaillons ensemble», a-t-il prêché.
Ce message a été délivré hier sur le site abritant Caritas Sénégal, lors du lancement officiel des travaux de la Résidence Impérial. Ce projet, fruit du partenariat entre l’Adecs et le promoteur Sablux Immobilier, ambitionne de faire sortir de terre un bâtiment de 18 étages en 36 mois. Un édifice dédié à l’excellence, à l’entrepreneuriat chrétien et au développement durable.
L’union fait la force
«C’est vrai que les uns et les autres s’activent chacun dans son domaine, mais c’est encore mieux de le faire ensemble. C’est ainsi que nous pouvons impacter davantage», poursuit l’Archevêque de Dakar. Citant une réflexion sur les freins au développement en Afrique, il a rappelé l’importance du collectif, faisant écho aux propos tenus la veille par le ministre Cheikh Tidiane Gadio : «Tout seul, on peut faire quelque chose, mais ensemble, on le fait mieux, de façon plus éclatante et durable.»
Saluant cette initiative qui permettra à chaque acteur de donner le meilleur de lui-même, l’autorité ecclésiastique a tenu à rendre hommage à ses prédécesseurs : «J’ai trouvé ce dossier-là. Bien sûr, je ne fais qu’y apposer la dernière signature. Mes prédécesseurs ont donné l’impulsion et je ne fais qu’achever ce qu’ils ont si bien commencé. Peut-être que d’autres seront là pour bénir et jouir des fruits. Nous pensons aux générations à venir, et c’est une vision essentielle pour nos pays. Nous ne construisons pas seulement pour nous, monsieur le maire, mais pour ceux et celles qui viendront après nous.»
Cap sur l’autonomie financière
Le prélat a ensuite rappelé que Caritas poursuivrait sans relâche sa mission auprès des plus démunis. Toutefois, il a souligné que l’organisation
dépend encore fortement de ressources externes : les fonds proviennent principalement des fidèles, d’associations et de bienfaiteurs qui croient en la mission de l’Eglise.
Pour l’Archevêque, après plus de soixante-dix ans d’existence du diocèse (créé en 1955), il est temps que l’église sénégalaise compte davantage sur ses propres moyens pour financer ses œuvres sociales, ses écoles et les actions de Caritas. C’est dans cette perspective que le thème de l’autonomie a été inscrit au cœur de la vision pastorale du diocèse. Selon lui, ce défi commence à l’échelle indi-viduelle : «Il ne peut y avoir d’Eglise autonome sans familles autonomes, ni chré-tiens autonomes.»
L’Archevêque a conclu en encourageant toutes les initiatives génératrices de valeur, afin
que l’Eglise, solidement enracinée dans son milieu, puisse accomplir pleinement sa mission divine et sociale.
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