A Pout, les Ics, en partenariat avec Minam Export et plusieurs acteurs du secteur agricole, ont présenté les premiers résultats d’un programme de production de semences certifiées de maïs. Porté par le Programme des Ics pour le soutien à l’agriculture (Picsa), le projet ambitionne de renforcer le capital semencier national et de réduire la dépendance du Sénégal aux importations.

Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – Les épis de maïs qui couvrent les parcelles de Pout témoignent des ambitions portées par les Ics et leurs partenaires dans la bataille pour la souveraineté alimentaire. Jeudi, une délégation composée de res­pon­sables des Ics, de chercheurs, de techniciens agricoles et d’autorités administratives, a effectué une visite de terrain sur les sites de production de semences certifiées. Sur place, Tabaré Thiam, assistante du chef d’exploitation de Minam Export, a présenté les caractéristiques du projet. «Nous sommes sur une superficie de six hectares consacrée à la variété Elite A. Les semis ont été réalisés le 19 février 2026. Cette variété est bien adaptée aux conditions climatiques de la zone et présente un bon comportement agronomique», a-t-elle expliqué. Selon elle, le suivi régulier des équipes techniques et la maîtrise des ravageurs, notamment la chenille légionnaire, ont largement contribué aux performances observées sur les parcelles.

Pour Mamadou Seck, chef d’exploitation de Minam Export, les résultats obtenus confirment la pertinence de l’approche adoptée. «Nous avons élaboré un calendrier cultural avec les équipes techniques des Ics et respecté l’ensemble des itinéraires techniques : préparation du sol, semis, irrigation, entretien et traitements phytosanitaires. C’est cette rigueur qui explique les résultats que nous constatons aujourd’hui», a-t-il indiqué.

Les rendements attendus varient entre deux et trois tonnes à l’hectare en production brute. Après tri et sélection, les responsables du projet espèrent obtenir entre une et une tonne et demie de semences certifiées à l’hectare. Pour Cheikh Awa Balla Mbacké, Directeur général de Miname Export, la production semencière constitue un enjeu stratégique pour l’avenir de l’agriculture sénégalaise.

Présente dans le secteur agricole depuis 1981, l’entreprise a progressivement développé son expertise dans les productions horticoles et semencières. Aujourd’hui, son ambition est de contribuer à la reconstitution du capital semencier national. «Si nous voulons améliorer durablement la production agricole, il faut commencer par la semence. Une semence de qualité est le premier facteur de rendement», a-t-il soutenu.Le responsable estime que le Sénégal dispose des capacités nécessaires pour produire localement une part importante de ses besoins en semences et réduire progressivement les importations.

De son côté, Mamadou Sougou Fara, Directeur général des Industries chimiques du Sénégal, a salué l’engagement de Miname Export dans cette initiative. «Nous avons trouvé en Miname Export un partenaire de premier plan qui a mobilisé toutes ses compétences et son savoir-faire pour la réussite de cette phase-pilote», a-t-il déclaré. Selon lui, ce projet s’inscrit dans le cadre du Programme des Ics pour le soutien à l’agriculture (Picsa), lancé pour accompagner les objectifs nationaux de souveraineté alimentaire. Après une phase-pilote menée en 2025 auprès de plus de 60 producteurs dans cinq zones agroécologiques du Sénégal, les Ics entendent désormais renforcer leur action dans la production semencière.

Pour la campagne agricole 2025-2026, les Ics ont fourni un volume record de 105 000 tonnes d’engrais Npk complexe. Pour la campagne à venir, l’entreprise assure avoir déjà pris toutes les dispositions nécessaires afin d’approvisionner le marché national en intrants agricoles.

Au-delà des engrais, les Ics misent désormais sur une approche intégrée associant semences certifiées, encadrement technique et accompagnement des producteurs. A Pout, cette stratégie semble déjà porter ses fruits. Pour les promoteurs du projet, les résultats observés constituent une étape supplémentaire vers une agriculture plus performante et davantage capable de répondre aux ambitions de souveraineté alimentaire du Sénégal.

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