Le renforcement de capacités est devenu une urgence à l’heure où les plages sénégalaises s’apprêtent à accueillir des milliers d’estivants. «A travers ce recyclage, notre objectif est de renforcer nos compétences en sauvetage aquatique, en secourisme, en sécurité et en gestion des interventions d’urgence», a indiqué Mamadou Lamine Ndoye, 2e vice-président de la Brigade nationale des maîtres-nageurs du Sénégal. Selon lui, cette mise à niveau est essentielle pour mieux protéger la jeunesse : «Un maître-nageur bien formé est un acteur incontournable de la prévention des drames en mer.»
Pour cette deuxième édition, des vagues de maîtres-nageurs venus de diverses localités (Rufisque, Thiès, Bargny, Mbao, Toubab Dialaw et Thiaroye) ont bénéficié d’un programme intensif. Alliant théorie, exercices pratiques de sauvetage et simulations d’urgence, la formation a été entièrement dispensée par les soldats du feu. L’enjeu est crucial : maintenir les troupes dans un état de vigilance et de professionnalisme irréprochable.
«Il s’agit d’améliorer leur aptitude opérationnelle pour qu’ils puissent intervenir rapidement en milieu aquatique», a souligné le Major Abdoulaye Ndiaye, coordonnateur du Grep (Groupe de recherche, d’exploration et de plongée) de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers. Cette journée a également servi de plateforme de retour d’expérience. «Ils opèrent dans des zones différentes. C’était l’occasion idéale pour eux de partager leurs techniques de travail selon les spécificités de leurs plages respectives», a ajouté le Major.
Un appel pressant aux municipalités
Le partenariat entre la corporation et les secouristes professionnels porte déjà ses fruits. «Grâce à l’appui des sapeurs-pompiers, les cas de noyade ont considérablement diminué», s’est réjoui Youssou, président de la Brigade des maîtres-nageurs du Sénégal. Le défi reste cependant immense : entre 2015 et 2022, le Sénégal a enregistré pas moins de 1023 cas de noyade. Pour endiguer définitivement ce phénomène, les acteurs du secteur invitent les maires des communes côtières à financer davantage de formations.
Au-delà de la sécurité, la question de la précarité de ce métier a également été mise sur la table. Exerçant le plus souvent de manière bénévole, les maîtres-nageurs réclament un statut stable. «Nous voulons des emplois fixes. Nous sommes des pères de famille avec des responsabilités», a plaidé le président de la brigade, qui souhaite voir ses éléments intégrés comme agents contractuels ou permanents au sein des municipalités.
Enfin, les organisateurs ont profité de l’événement pour lancer un appel à la diversité, encourageant vivement les jeunes filles à embrasser la profession et à venir agrandir les rangs des sauveteurs en mer.
Par Justin GOMIS – justin@lequotidien.sn
