A la première édition du forum Pencum Gox Yi, consacrée à la gouvernance de proximité et aux écoquartiers, le Directeur général de l’Adl, Diamé Signaté, a plaidé pour une mobilisation des acteurs locaux. Représentant le ministre Moussa Bala Fofana, Mapathé Diouf a promis un suivi des engagements. De leur côté, les délégués de quartier réclament un statut adapté, des indemnités revalorisées et davantage de moyens.

Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – Les quartiers au cœur de l’action publique. C’est l’ambition affichée lors de la première édition du forum Pencum Gox Yi, initiée par l’Agence de développement local (Adl). Au centre des échanges : la participation citoyenne, l’amélioration du cadre de vie et la construction d’écoquartiers durables.

Pour le Directeur général de l’Adl, Diamé Signaté, la réussite de cette démarche passe par l’implication effective des populations. Salubrité, assainissement, gestion des déchets et aménagement des espaces communs exigent une meilleure coordination entre les collectivités territoriales, les services de l’Etat et les acteurs communautaires. L’objectif est de rapprocher les politiques publiques des réalités quotidiennes des habitants. Représentant le ministre Moussa Bala Fofana, le Secrétaire général du ministère, Mapathé Diouf, a rappelé que la gouvernance de proximité constitue un levier essentiel du développement territorial. «La démocratie de proximité n’est donc pas une option. Elle n’est pas non plus une notion importée : elle relève de notre héritage institutionnel et social», a-t-il déclaré, faisant référence au penc, lieu traditionnel d’écoute et de délibération.

Inscrivant cette démarche dans la Vision Sénégal 2050 et les réformes de la décentralisation, notamment l’Acte 4, il a réaffirmé le rôle central des communes, tout en soulignant la complémentarité des délégués de quartier, des conseils de quartier, des Badiénou gox et des régies de quartier. Mapathé Diouf a appelé à des recommandations concrètes sur la collaboration entre communes et acteurs locaux, la formation de ces derniers et les actions prioritaires en faveur des écoquartiers. Il a également proposé un pacte de proximité entre l’Etat, les collectivités territoriales et les acteurs de quartier. L’Adl devra coordonner son suivi, tandis qu’un bilan des engagements sera présenté à la prochaine édition. «Ce jour-là, nous ne viendrons pas avec des intentions, mais avec des résultats», a-t-il assuré.

Les délégués posent leurs conditions

Porteuse du message de Malague Mané, président de l’Association nationale des délégués de quartier, une représentante de la structure a rappelé les difficultés auxquelles ces relais entre populations et autorités sont confrontés. Malgré leur rôle dans la médiation, la mobilisation communautaire et la cohésion sociale, les délégués dénoncent l’insuffisance des moyens logistiques, les difficultés de déplacement et le manque de locaux fonctionnels. Leur association réclame une révision de leur statut juridique, une revalorisation des indemnités, un renforcement de l’appui matériel de l’Etat et un siège fonctionnel à Dakar. Entre les ambitions institutionnelles et les doléances du terrain, l’enjeu est désormais de transformer les engagements en réalisations. Car la durabilité des écoquartiers dépendra autant des aménagements que des moyens accordés à ceux qui œuvrent quotidiennement à l’amélioration du cadre de vie.

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