Réunies au sein du Gie «Khalatou Diamaguène», les femmes de cette localité de la commune de Sicap Mbao tirent la sonnette d’alarme. Entre absence de financements et manque de formation, elles interpellent directement l’Etat et les nouvelles autorités pour briser le cycle de la pauvreté.

Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – A Diamaguène, l’urgence sociale a désormais un visage : celui des femmes du Gie «Khalatou Diamaguène». Sous la houlette de leur présidente, Mme Ndèye Diouf, ces actrices du développement local ont décidé de briser le silence pour exposer une détresse sociale qui ne cesse de s’aggraver avec un quotidien marqué par la survie. «Notre localité vit une précarité extrême. Les femmes souffrent énormément. Nous nous battons chaque jour pour nourrir nos familles, mais nos moyens sont dérisoires», confie Mme Diouf, le regard empreint de gravité.

Dans cette zone où les opportunités économiques sont quasi inexistantes, ces femmes tiennent à bout de bras l’économie domestique à travers le petit commerce, la transformation artisanale et divers secteurs de l’informel. Malgré leur résilience, leurs initiatives stagnent, faute d’un levier financier et d’un accompagnement structuré.

Au-delà de l’aide, l’exigence d’autonomie

Le message adressé aux autorités est dénué de toute ambiguïté : le Gie ne demande pas la charité, mais des outils de production. «Ce que nous demandons est simple : des financements adaptés à nos réalités. Nous avons les idées et les projets, mais sans capitaux, nous restons immobiles. Il faut impérativement faciliter l’accès au crédit pour les femmes de Diamaguène», insiste la présidente. Outre le volet financier, Mme Ndèye Diouf plaide pour un renforcement des capacités : «Nous voulons être formées et accompagnées techniquement. Avec un appui institutionnel, nous pouvons transformer nos petites activités en véritables entreprises génératrices de revenus.»

Face à cette situation critique, le Gie interpelle directement les nouvelles figures de l’Exécutif, notamment la ministre de la Famille et des solidarités, Maïmouna Dièye, ainsi que les premières dames Marie Khone Faye et Absa Faye. «Nous leur lançons un appel sincère : portez votre regard sur Diamaguène. Nous avons besoin de votre soutien pour sortir de l’ombre.»

Pour ces femmes de Sicap Mbao, l’enjeu dépasse le simple secours financier ; il s’agit de bâtir une dignité par l’autonomie économique. «Nous ne voulons pas d’assistanat. Nous voulons réussir par notre travail», conclut fermement Mme Diouf. L’espoir repose désormais sur une réaction rapide des décideurs, afin que ce cri du cœur ne reste pas sans écho dans les couloirs de l’Adminis­tration.

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