L’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) et l’Office national de lutte contre la corruption (Ofnac) ont officialisé, à Dakar, une convention de partenariat historique. En unissant la force de la recherche académique à l’exigence de la gouvernance publique, les deux institutions s’engagent à faire de l’éthique, de la transparence et de la formation des consciences, le fer de lance de la lutte contre la corruption au Sénégal.

Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – A Dakar, l’université Cheikh Anta Diop et l’Office national de lutte contre la corruption ont officialisé un partenariat ambitieux. Entre formation, recherche et sensibilisation, les deux institutions entendent unir leurs forces pour faire de l’éthique et de la transparence des piliers durables de la gouvernance publique. La signature de la convention entre les deux parties marque bien plus qu’un simple accord institutionnel. Elle consacre, à leurs yeux, «une vision partagée, celle de bâtir une société fondée sur l’éthique, la transparence et l’intégrité».

Prenant la parole en premier, le Recteur de l’Ucad, Pr Alioune Badara Kandji, a insisté sur la portée symbolique et stratégique de cet engagement. «Cette cérémonie scelle notre volonté commune de former des citoyens compétents, mais surtout ancrés dans les valeurs qui fondent une société juste», a-t-il déclaré. Pour lui, l’université ne peut se limiter à transmettre des savoirs techniques : elle doit aussi «préparer une nouvelle génération d’acteurs publics et privés porteurs de valeurs fortes».

Dans cette dynamique, le Recteur s’est particulièrement réjoui de l’introduction prochaine de modules dédiés à l’éthique, à l’intégrité et à la transparence dans les parcours académiques. «C’est un levier fondamental pour impulser un changement durable», a-t-il soutenu, évoquant également la perspective de création d’un centre de recherche dédié à la lutte contre la corruption, «à la hauteur de l’ampleur du fléau».

Face à lui, le président de l’Ofnac, Moustapha Ka, a inscrit cette convention dans le contexte des réformes engagées en 2025 pour renforcer la gouvernance publique. «Cette signature constitue un acte fondateur. Elle traduit notre volonté de bâtir un partenariat durable, structuré et fécond», a-t-il affirmé, rappelant les avancées législatives récentes, notamment en matière de déclaration de patrimoine et de protection des lanceurs d’alerte.

Pour le président de l’Ofnac, la lutte contre la corruption ne saurait être uniquement répressive. «Elle doit être globale, combinant prévention, éducation, production de connaissances et mobilisation citoyenne», a-t-il expliqué. D’où l’importance accordée à l’université, qu’il considère comme «un partenaire naturel, au cœur de la production d’idées et de la formation des consciences».

Moustapha Ka a particulièrement insisté sur le rôle de la recherche académique dans ce combat. «Les mémoires, les thèses et les études menées à l’université peuvent devenir de véritables instruments d’intelligence publique», a-t-il souligné, appelant à un engagement accru des enseignants-chercheurs et des étudiants sur les questions de gouvernance et de transparence.

Au-delà des intentions, les deux responsables ont affiché leur ambition de bâtir une coopération concrète et structurée. Sensibilisation des étudiants, formation, recherche appliquée et création de cadres de réflexion figurent parmi les axes prioritaires. Le projet d’une Académie anti-corruption est également évoqué comme une avancée majeure.

En définitive, les deux institutions se rejoignent sur une conviction forte : «La lutte contre la corruption ne peut être efficace sans l’implication du monde académique.» Un pari que l’Ucad et l’Ofnac entendent désormais relever ensemble, avec l’ambition de renforcer durablement la culture de l’intégrité au Sénégal.

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