Nouveau rebondissement dans l’affaire de la famille Diagne, qui défraie la chronique judiciaire. La Chambre d’accusation financière près le Pjf a infirmé les précédentes ordonnances des juges et ordonné, ce lundi 5 janvier 2026, la mise en liberté provisoire de Mme Mabintou Diaby et Mouhamed Diagne. Cette mesure est toutefois assortie d’une assignation à résidence surveillée par voie électronique.

Par Bocar SAKHO – Le dénouement s’amorce pour Mabintou Diaby et Mouhamed Diagne. Hier, la Chambre d’accusation financière près le Pool judiciaire financier a prononcé une remise en liberté de Mme Diagne et du fils de Madiambal Diagne, qui devront supporter un dispositif de surveillance électronique strict. La «libération» annoncée de Mme Diagne dont l’état de santé ne cesse de se dégrader en détention et M. Diagne marque un tournant dans cette affaire en dépit des mesures strictes qui entourent la mesure. Car, le juge a ordonné leur assignation à résidence à leurs domiciles respectifs, situés à Yoff Virage pour l’une et à la Cité Djily Mbaye pour l’autre. Cette mesure est placée sous le régime de la surveillance électronique. Pour bénéficier de cette mesure, les inculpés doivent se soumettre à une liste d’obligations impératives : interdiction formelle de quitter leurs domiciles sans une autorisation écrite préalable du juge d’instruction, remise immédiate de leurs passeports au greffe du cabinet d’instruction, interdiction de tout contact, direct ou indirect, avec les autres personnes impliquées dans les faits qui leur sont reprochés et obligation de répondre à toutes les convocations ultérieures du magistrat instructeur.

Pour mémoire, Mabintou Diaby et Mouhamed Diagne avaient été placés sous mandat de dépôt au mois de septembre dernier. Jusqu’alors, les demandes de liberté provisoire introduites par leurs avocats s’étaient heurtées au refus des magistrats instructeurs.

L’ordonnance actuelle précise que la mise en œuvre effective de ce bracelet électronique est subordonnée à l’avis favorable du comité de suivi en Milieu Ouvert, qui doit se prononcer sur la faisabilité technique du dispositif dans un délai maximum d’un mois. Cette décision marque un tournant dans la gestion judiciaire de ce dossier, illustrant la nécessité de recourir aux mesures alternatives à l’emprisonnement tout en garantissant la représentation en justice des mis en cause.

Président du Forum du justiciable, Babacar Ba espère que le Parquet ne posera aucun acte pour bloquer leur libération : «Une opposition du Procureur financier contre la décision de la Chambre d’accusation fi­nan­cière serait synonyme d’acharnement sur Mouhamed Diagne et Mme Mabintou Diaby dont l’état de santé se dégrade de jour en jour.» Il ajoute : «La famille et les proches du journaliste Madiambal Diagne ne doivent en aucun cas être utilisés comme leviers de pression. Une telle méthode, totalement in­compatible avec l’Etat de Droit et les exigences démocratiques, relèverait d’une instru­men­talisation de la Justice et constituerait une atteinte grave aux droits humains les plus élémentaires. Ce serait inacceptable.»

bsakho@lequotidien.sn