Le Sénégal veut accélérer sa transformation énergétique. Face à la presse, le ministre de l’Energie et du pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, le Directeur général de la Sar, Mamadou Abib Diop, et celui de la Senelec, Pape Toby Gaye, ont détaillé les investissements, les projets et les mesures destinés à sécuriser l’approvisionnement et à mieux valoriser les ressources nationales.
Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – Le chiffre donne la mesure de l’ambition. Plus de 400 milliards de francs Cfa à l’horizon 2029 pour accélérer l’électrification du pays. Le ministre de l’Energie et du pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, a placé cette enveloppe au cœur de la nouvelle stratégie énergétique. Selon lui, le programme doit permettre de raccorder 6 471 localités, tout en poursuivant l’extension et le renforcement du réseau électrique.
Mais le changement de régime énergétique ne se limite pas à l’électricité. Le gouvernement entend également développer le gaz domestique et mettre en place un réseau gazier de plusieurs centaines de kilomètres. L’objectif affiché est de réduire progressivement la dépendance aux combustibles importés et de mieux valoriser le pétrole et le gaz produits au Sénégal.
Le développement des énergies renouvelables et des capacités de stockage doit compléter cette mutation. Il s’agit, selon les orientations présentées, de construire un système énergétique plus robuste, capable d’accompagner la demande tout en étant moins exposé aux fluctuations des combustibles.
Sar : le raffinage change d’échelle
Avec l’arrivée en puissance de la production pétrolière nationale, la Société africaine de raffinage doit également changer de dimension. Son Directeur général, Mamadou Abib Diop, a détaillé les projets destinés à adapter l’outil industriel sénégalais. Le projet de deuxième raffinerie, annoncé avec une capacité de 4 millions de tonnes par an, constitue l’un des principaux chantiers. L’investissement est évalué entre 2 et 3 milliards de dollars. A cela s’ajoute la modernisation de la raffinerie de Mbao dont le coût est estimé entre 300 et 500 millions de dollars.
Pour la Sar, l’enjeu est de renforcer les capacités de transformation locale et de permettre au pays de tirer davantage profit de son brut. Mais cette montée en puissance industrielle pose également la question de la sécurité des installations. Mamadou Abib Diop a notamment évoqué les risques liés aux fuites et les relations avec les populations riveraines, appelant à renforcer la prévention et le dialogue avec les communautés.
Senelec : 400 Mw récupérés
Sur le front de l’électricité, le Directeur général de la Senelec, Pape Toby Gaye, a apporté les précisions techniques sur la situation du système. Il a annoncé la récupération de 400 MW, après les perturbations qui avaient affecté le réseau. Selon les informations communiquées lors de la rencontre avec la presse, aucun délestage n’était enregistré depuis mercredi à 22h 56. Pour la Senelec, la prochaine étape consiste désormais à consolider cette stabilité tout en anticipant la progression de la demande.
De nouvelles capacités de production, le renforcement du réseau et le stockage figurent ainsi parmi les priorités. Le projet de Diass, notamment, prévoit 56 MW/56 MWh de stockage par batteries. D’autres capacités solaires associées à des solutions de stockage sont également programmées.
De El Hadji Abdourahmane Diouf à Mamadou Abib Diop, en passant par Pape Toby Gaye, le même impératif ressort : sécuriser l’énergie, transformer davantage les ressources nationales et renforcer les capacités du Sénégal. Une équation qui place désormais l’électricité, le gaz et le raffinage au cœur de la souveraineté énergétique.
latifmansaray@lequotidien.sn
