Déplorant un déni de justice manifeste face à la détention prolongée de leur champion, les partisans de Farba Ngom, outrés par l’annonce de la prochaine levée supplémentaire de l’immunité parlementaire de l’élu des Agnam, ont décidé de faire face à la forfaiture par tous les moyens légaux
Pr Justin GOMIS – Le comité pour la résistance populaire a organisé hier une conférence de presse à Dakar. Cette rencontre avec les journalistes avait pour but de soutenir l’honorable député Farba Ngom, maire des Agnam. Ce dernier, placé sous mandat de dépôt depuis février 2025 pour des faits de détournement de deniers publics, fait encore l’objet de nouvelles poursuites, après avoir été blanchi par le juge suite aux auditions du 7 janvier 2026. Gardé en détention après le coup de fil du procureur, une demande de levée de son immunité parlementaire doit être débattue le 16 février. Les partisans du maire des Agnam voient cette affaire comme une injustice, un acharnement contre un citoyen qui a été déjà blanchi par la Justice.
Dans le même dossier pour lequel il était poursuivi avec Tahirou Sarr, présenté comme le principal acteur, ce dernier a été remis en liberté. Selon le Comité pour la résistance populaire, «une telle disparité de traitement interroge gravement sur le sens de l’équité, de la justice et de l’Etat de Droit». Ses soutiens se demandent «comment expliquer une telle différence de traitement entre deux personnes poursuivies pour les mêmes faits, dans le même dossier, alors que l’une d’elles est maintenue en détention malgré un état de santé reconnu comme incompatible avec l’incarnation». Ils ne s’expliquent pas qu’une nouvelle poursuite soit engagée contre l’honorable député alors que la procédure n’a pas encore connu son épilogue. Et pire, qu’elle soit accompagnée d’une autre demande de levée de son immunité parlementaire.
Les membres du Comité pour la résistance populaire dont certains sont venus de Matam et de la diaspora pour manifester leur soutien au maire Farba Ngom, affirment que «la justice se rend dans les prétoires et non dans l’espace médiatique. Lorsque les décisions judiciaires sont neutralisées, lorsque l’égalité devant la Justice devient variable, lorsque les familles entières sont entraînées dans des procédures à répétition, le silence n’est plus une option», ont-ils martelé.
Prenant à témoin l’opinion nationale et internationale, ils ont précisé à l’endroit de la 15ème Législature qu’elle est face à une épreuve de vérité. «Elle devra démontrer au Peuple et à l’opinion internationale que l’Assemblée nationale est indépendante et fidèle à la Constitution.» Mais en attendant cette date, le comité ne compte pas rester les bras croisés, au risque de voir le maire des Agnam gardé en prison pour une durée indéterminée. Pour ce faire, ils promettent d’organiser des marches pacifiques sur l’ensemble du territoire national et dans la diaspora, de tenir un sit-in devant les lieux symboliques de la Nation, de poser des actions symboliques fortes, visibles et non violentes. D’ailleurs, ils se sont donné rendez-vous le 14 février au terrain du marché Nguelaw de Niary Tally, avant de sonner la grande mobilisation pour le 16 février à l’Assemblée nationale, afin de s’opposer à la levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom.
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