Face à la presse, le maire de Pikine-Nord, Amadou Diarra, a dénoncé une situation qu’il juge préjudiciable au fonctionnement de sa collectivité. Entre un contentieux opposant la commune à un cabinet et un arrêté budgétaire contesté pris par l’autorité de tutelle, l’édile affirme avoir choisi la voie judiciaire pour défendre les intérêts de la municipalité et préserver les services destinés aux populations.

Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – Le maire de Pikine-Nord, Amadou Diarra, est monté au créneau pour éclairer l’opinion publique sur ce qu’il considère comme une crise majeure affectant la gestion de sa commune. Lors d’un point de presse organisé hier, il a expliqué que deux dossiers sont à l’origine des difficultés actuelles : un litige avec un cabinet et les conséquences d’un arrêté de règlement du budget pris par la Sous-préfète de l’arrondissement de Dagoudane-Pikine.

Revenant sur le premier dossier, le maire a rappelé que le contrat à l’origine du contentieux avait été signé par l’ancienne équipe municipale dirigée par Momar Fall. Ce marché portait sur la création d’un site internet communal, la formation des agents municipaux et la maintenance de la plateforme.

A son arrivée à la tête de la commune, Amadou Diarra affirme avoir refusé de procéder au paiement des sommes réclamées sans avoir préalablement vérifié l’exécution effective des prestations. Selon lui, les investigations menées par les services municipaux ont révélé plusieurs irrégularités, notamment l’absence de preuves convaincantes de la formation des agents, le défaut d’attestations de participation, les déclarations d’agents affirmant n’avoir jamais bénéficié des formations annoncées, ainsi que des interrogations sur le procès-verbal de réception et sur le site internet censé constituer l’objet principal du contrat. Le maire indique qu’un audit informatique a été réalisé et que ses conclusions figurent désormais dans le dossier de la commune. Il annonce que ses avocats préparent une procédure judiciaire afin que les juridictions compétentes se prononcent sur cette affaire.

Le second volet concerne l’inscription d’office d’une créance de 111 millions de francs Cfa dans le budget communal. Amadou Diarra soutient que cette décision est intervenue alors qu’un appel est toujours pendant devant la Justice, estimant que cette créance ne pouvait être considérée comme une dépense obligatoire. Malgré les observations formulées par la commune, la Sous-préfète a, selon lui, pris un arrêté de règlement du budget le 9 mars 2026, bien au-delà du délai de contrôle prévu par le Code général des collectivités territoriales. D’après le maire, cette décision a entraîné une réduction de plusieurs crédits votés par le Conseil municipal, affectant aussi bien le fonctionnement que les investissements de la commune.

Face à cette situation, le Conseil municipal a autorisé le maire à engager des recours devant la Chambre administrative de la Cour suprême. Deux procédures ont ainsi été introduites : un recours en annulation de l’arrêté et un référé en suspension. Amadou Diarra s’est félicité de l’ordonnance n°16/2026 par laquelle la Chambre administrative de la Cour suprême a suspendu l’exécution de l’arrêté dans l’attente d’une décision sur le fond. Toutefois, il estime que plusieurs blocages administratifs persistent et freinent l’exécution de certaines délibérations budgétaires.

Selon lui, ces difficultés risquent d’impacter directement les populations de Pikine Nord. Elles pourraient compromettre les subventions destinées aux Asc et aux zones de Navétanes, les appuis aux acteurs culturels, aux Badiénou gox, aux imams et chefs de quartier, ainsi que les soutiens accordés dans le cadre du Magal, du Safar et d’autres manifestations religieuses. Des projets dans les secteurs de la santé, de l’éducation et des investissements communaux, notamment la reconstruction du Poste de santé Birama Scellé Ndiaye, pourraient également être affectés.

Le maire a assuré que la commune poursuivra exclusivement les voies de Droit. Réaffirmant sa confiance en la Justice sénégalaise, Amadou Diarra a indiqué que la municipalité continuera à défendre les intérêts matériels et financiers de Pikine Nord dans le strict respect de la loi et prendra toutes les initiatives juridiques nécessaires à l’issue des procédures en cours.

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