Pour souffler sa première bougie, le Jang Rugby Club a réussi le pari de rassembler l’élite des jeunes et des seniors du Sénégal autour d’un grand tournoi de beach rugby. Une démonstration de force sur les plages de la Petite-Côte qui confirme le potentiel grandissant de la discipline dans une région traditionnellement acquise au football.
Par Alioune Badara CISS – Le rugby est en train de se faire une place de choix sur la Petite-Côte. Pour marquer la fin de la saison, l’association Jang Rugby Club a organisé un impressionnant tournoi de beach rugby sur le littoral. L’événement a rassemblé plus de 350 participants, venus des régions de Dakar, Thiès et Kaolack, dont la prestigieuse sélection nationale U18 en pleine préparation pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse (Joj).
Pour une jeune structure née en mai 2025 à l’initiative de Steeve Sargos -ancien capitaine du XV national et ex-joueur professionnel en France-, l’impact est retentissant. En l’espace d’un an, le club est passé des lancements officiels aux pelouses fédérales, s’offrant même une place de finaliste pour sa première participation au Championnat national de rugby à 7.
Pour Ludovic Lavi, directeur sportif du Jang Rugby Club, l’ambition va bien au-delà de la simple compétition. Il s’agit d’un véritable projet de développement social et sportif qui englobe toute la Petite-Côte, de Somone à Nianing en passant par Mbour. «L’avenir, ce sont les jeunes. Il faut miser sur la jeunesse. Si des clubs, comme nous avons pu le faire aujourd’hui, ont la capacité d’organiser des tournois, j’incite tout le monde à s’y mettre. Il faut un maximum de matchs pour que les jeunes puissent se rencontrer», plaide-t-il.
Face au manque chronique d’infrastructures dédiées au rugby à 15 ou à 7 au Sénégal, les plages locales apparaissent comme une alternative stratégique majeure. «Nous avons de superbes plages au Sénégal. Il faut en profiter et surfer sur ce modèle», suggère Ludovic Lavi, convaincu que le beach rugby offre une vitrine accessible et spectaculaire.
L’organisation d’une telle machine logistique, comprenant quatre tournois simultanés (U14, U16, seniors, chez les garçons comme chez les filles), a nécessité l’appui des forces vives de la région. Les mairies locales ont mis à disposition les plages, tandis que la Sous-préfecture, la police et les sapeurs-pompiers ont assuré la sécurité de la journée.
Sur le plan de l’accueil, le club a également voulu imposer de nouveaux standards. Grâce au parrainage de l’entreprise Mincon pour les trophées et à l’implication des partenaires, les 350 athlètes ont bénéficié d’une prise en charge complète (restauration et rafraîchissements), une attention rare dans les tournois locaux.
Alors que la saison régulière s’apprête à tirer sa révérence avec les finales de la Coupe et du Championnat du Sénégal prévues les week-ends prochains, le Jang Rugby Club se tourne déjà vers la rentrée de septembre-octobre. Le message des dirigeants est clair : le Sénégal a les moyens de ses ambitions sur l’échiquier africain, à condition que toutes les instances avancent dans la même direction.
«Je pense qu’en Afrique, le Sénégal a entièrement sa place dans le rugby, que ce soit à 15, à 7 ou sur le sable. Maintenant, il faut s’en donner les moyens. Si notre petite structure, qui a à peine un an et ne tourne qu’avec des bénévoles, a été capable de porter un tel événement, tout le monde peut le faire», conclut avec optimisme Ludovic Lavi.
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