Alors que le processus de sélection pour le poste de Secrétaire général des Nations unies entre dans une phase décisive, l’ancien Président sénégalais Macky Sall déploie une diplomatie de haut vol. Entre consultations directes avec les membres permanents du Conseil de sécurité à Pékin, Paris et Washington, et un intense ballet diplomatique à l’échelle régionale impliquant Dakar, Banjul et Bissau, les lignes bougent de manière décisive pour formaliser le soutien de son pays d’origine et consolider ses chances à New York. Cela a débuté avec le marathon des puissances : Pékin, Paris et Washington dont les voix sont décisives.
Par Justin GOMIS – La course vers le 38e étage du Secrétariat général de l’Onu s’accélère : et Macky Sall a visiblement décidé de passer à la vitesse supérieure. En l’espace de quelques jours, le candidat sénégalais a multiplié les audiences stratégiques avec les acteurs clés de la gouvernance mondiale, tout en activant les leviers de la diplomatie ouest-africaine pour sceller l’indispensable unanimité continentale.
Pour succéder à António Guterres, le passage devant les membres permanents du Conseil de sécurité est une étape incontournable. Macky Sall l’a bien compris et enchaîne les discussions bilatérales au plus haut niveau, notamment où les décisions se prennent au moment du choix final. Après une audience cruciale le 29 juin dernier à Pékin avec le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi -une visite facilitée par le Président Xi Jinping lui-même-, l’ancien chef d’Etat a enchaîné, le 6 juillet 2026, avec une série d’entretiens jugés hautement stratégiques avec les représentants permanents des superpuissances à l’Onu.
Il s’est ainsi entretenu successivement avec l’ambassadeur Fu Cong (Chine), l’ambassadeur Jérôme Bonnafont (France) et l’ambassadeur Michael Waltz (Etats-Unis). Au cœur de ces échanges : l’avenir du multilatéralisme, les défis contemporains mondiaux et, surtout, la délicate question de la réforme de l’organisation. Plus tôt, le 2 juillet, c’est en Europe, auprès du Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, qu’il affinait sa convergence de vues sur la coopération pour le développement.
Axe Dakar-Banjul-Bissau : l’onde de choc régionale
Sur le front intérieur et sous-régional, les verrous s’ouvrent également. Le soutien officiel du Sénégal, indispensable pour porter légitimement cette candidature africaine, fait l’objet de grandes manœuvres. Pas plus tard que le 7 juillet 2026, un ballet diplomatique majeur s’est joué : l’ex-Président bissau-guinéen, Umaro Sissoco Embaló, a été reçu à ce propos par le Président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, avant de s’entretenir également avec le Président gambien Adama Barrow, selon les révélations du journaliste Madiambal Diagne. Cette médiation prépare le terrain pour le retour imminent de Macky Sall à Dakar qu’il a quittée depuis le 2 avril 2024. Vu son passif avec le régime Pastef, c’est un retournement de situation, surtout que Dakar n’avait pas voulu soutenir sa candidature parrainée par le Burundi. S’il a prévu aussi une visite à Banjul, ce voyage dakarois s’annonce capital pour sceller l’union sacrée derrière sa candidature.
Les enjeux d’un mode de sélection ultra-sélectif
L’enjeu est historique : devenir le premier vœu de la Communauté internationale dans un contexte de crises géopolitiques majeures. Le processus de sélection de l’Onu obéit à des règles strictes et non écrites. Traditionnellement, le choix du Secrétaire général est guidé par le principe de rotation géographique. Après l’Europe (António Guterres), l’Afrique estime que son tour est venu, même si l’Europe de l’Est et l’Amérique latine revendiquent également le poste.
Le parcours reste complexe, notamment le filtre du Conseil de sécurité : c’est le Conseil de sécurité qui recommande un candidat à l’Assemblée générale à travers un vote à bulletin secret (les fameux straw polls). Pour réussir, un candidat doit obtenir au moins 9 voix favorables sur 15, et surtout aucun veto de la part des cinq membres permanents (Etats-Unis, Chine, France, Royaume-Uni, Russie). D’où l’importance capitale de l’offensive menée par Macky Sall auprès de ces chancelleries. Quid du vote de l’Assemblée générale ? Une fois le candidat recommandé par le Conseil, les 193 Etats membres votent pour entériner la nomination.
En parvenant à faire dialoguer les puissances du Nord et du Sud tout en mobilisant ses anciens pairs d’Afrique, Macky Sall démontre sa stature internationale. Les prochaines étapes à Dakar et New York s’annoncent décisives pour transformer cette offensive diplomatique en victoire historique.
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