Alors qu’un calme précaire semblait s’installer dans le secteur de l’éducation grâce à la médiation de la Société civile, le gouvernement vient de porter l’estocade au pouvoir d’achat des enseignants. En procédant à des retenues massives sur les salaires de ce mois de mars 2026 sous le motif de «faits de grève», les autorités sont accusées par l’Organisation des instituteurs du Sénégal (Ois) de choisir délibérément la stratégie de l’embrasement plutôt que celle du dialogue.

Une provocation au mépris de la «bonne foi» ? L’heure est à la stupéfaction dans les syndicats d’éducation. Tandis que les organisations syndicales, re­groupées au sein d’une nouvelle Dynamique unitaire, observaient une trêve pour évaluer les propositions du gouvernement via le G7, la réponse de l’Etat est tombée comme un couperet sur les bulletins de paie.

Les documents financiers consultés sont sans appel : des lignes de retenue intitulées «Retenue faits de grève» affichent des montants vertigineux, atteignant parfois 72 460 F Cfa ou même 97 272 F Cfa pour le seul mois de février 2026. Pour le Secrétaire général de l’Ois, Babacar Mbaye Ngaraf, ces «mutilations inouïes» de salaires déjà maigres constituent une agression directe contre la corporation. Stratégie d’embrasement ou plan de sabotage ?

Face à ces actes jugés aussi dangereux qu’illégaux, l’Orga­ni­sation des instituteurs du Sénégal (Ois) s’interroge sur les réelles intentions de l’Etat. S’agit-il d’un plan concerté de sabotage de l’école publique sénégalaise ? Ou d’un programme occulte visant à offrir «moins et mieux d’école» au détriment des enfants du Peuple ? «Amputer les salaires et chercher à le présenter comme une ponction normale, c’est verser de l’essence sur le feu, en prétendant utiliser de l’eau pour l’éteindre», s’insurge le syndicat.

Cette décision administrative intervient au moment même où les enseignants faisaient preuve d’une «ouverture constructive» en retardant le lancement d’un septième plan d’actions, sous l’égide de médiateurs comme la Cosydep.

L’Ois dénonce des ponctions salariales «exorbitantes» et un sabotage programmé de l’école publique

Devant la gravité de la situation, l’Ois prend à témoin l’opinion publique nationale et internationale. L’organisation interpelle directement le président de la République, l’exhortant à prendre ses responsabilités pour garantir le droit constitutionnel des enfants sénégalais à l’éducation.

En tout cas, le Secrétaire général de l’Ois, Babacar Mbaye Ngaraf, lance un appel solennel à la mobilisation : «Nous invitons la Dynamique unitaire des enseignants à mieux serrer les rangs pour prémunir l’école et la corporation contre toutes réformes destructrices.» La balle est désormais dans le camp du gouvernement : choisira-t-il l’apaisement ou l’escalade irréversible ?