La série noire se poursuit dans les mines du Sénégal oriental. Malgré les interdictions formelles de l’autorité préfectorale, le village de Haréhena a été le théâtre d’un nouveau drame de l’orpaillage clandestin, ce lundi 13 avril. Deux jeunes ressortissants étrangers ont péri dans un éboulement nocturne, portant le bilan à 21 morts en seulement trois mois. Une hécatombe qui interroge sur l’impuissance des mesures de sécurité face à la ruée vers l’or dans le département de Saraya.
La terre a encore tremblé sous les pieds des chercheurs d’or dans le Sud-est du Sénégal. Dans la nuit du lundi 13 avril, le village aurifère de Haréhena, situé dans le département de Saraya, a été le théâtre d’un nouvel éboulement tragique. Deux jeunes orpailleurs de nationalité étrangère y ont laissé la vie, illustrant une nouvelle fois les dangers mortels de l’exploitation clandestine dans une zone qui a déjà payé un lourd tribut humain ces derniers mois.
Il était environ 22 heures lorsque le sol s’est dérobé. Sur un site pourtant formellement interdit aux activités minières, plusieurs individus s’activaient dans l’obscurité pour extraire le précieux métal. La paroi, fragilisée, a cédé brusquement, ensevelissant les travailleurs clandestins. Selon les premiers éléments recueillis, deux jeunes hommes n’ont pas survécu à la pression des décombres. D’autres ouvriers, également de nationalité étrangère, ont été blessés lors du sinistre.
Aussitôt informés, les éléments de la Brigade de gendarmerie de Saraya se sont projetés sur les lieux du drame pour sécuriser la zone et procéder aux constatations d’usage. Les corps sans vie des victimes, ainsi que les blessés, ont été immédiatement évacués vers le Poste de santé de Haréhena.
Haréhena : «Un couloir de la mort» à ciel ouvert ?
Cet accident n’est malheureusement pas un cas isolé, mais s’inscrit dans une série noire qui inquiète les autorités et les populations locales. Selon une source sécuritaire relayée par iRadio, ce périmètre spécifique est devenu le théâtre de drames répétitifs. Le chiffre 21 montre l’ampleur de la tragédie : c’est le nombre alarmant de décès recensés en l’espace de seulement trois mois sur ce seul site de Haréhena. Malgré les interdictions et les risques d’effondrement permanents, l’attrait du gain continue de pousser des centaines de jeunes, souvent issus de pays limitrophes, vers ces puits de fortune. Ce nouveau drame repose avec acuité la question de la sécurisation des sites miniers et de l’efficacité des mesures d’interdiction dans cette région frontalière.
