Le Premier ministre a dévoilé les contours d’une nouvelle feuille de route économique triennale. Avec le Plan spécial d’investissement et de financement (Psif) 2026-2028, le gouvernement entend refonder la gouvernance de l’investissement public pour immuniser les projets stratégiques contre les chocs extérieurs.
C’est un tournant décisif pour l’économie sénégalaise ? En présentant le Plan spécial d’investissement et de financement pour la période 2026-2028, en Conseil des ministres hier, le Premier ministre pose les «jalons d’une transformation profonde du tissu productif national». L’objectif est clair : passer d’une économie de consommation à une dynamique de production robuste, portée par des filières structurantes.
La grande innovation de ce plan réside dans sa volonté d’«immuniser» les projets catalytiques. Trop souvent ralentis par les lourdeurs des procédures de financements extérieurs ou par des suspensions liées à des chocs mondiaux, les projets essentiels du Sénégal seront désormais protégés par une gouvernance de l’investissement refondue.
Ce plan repose sur trois piliers fondamentaux : «sélectivité stratégique» avec une approche rigoureuse pour ne financer que les projets à fort impact, un secteur privé locomotive avec une mobilisation massive des investisseurs privés pour ancrer la production localement et une redevabilité avec «un engagement public de transparence et de résultats».
2028 : L’horizon des grands chantiers opérationnels
Le Premier ministre a dressé une liste précise des infrastructures qui devront être pleinement opérationnelles d’ici trois ans. Le Sénégal de 2028 s’appuiera sur des «poumons économiques» répartis sur tout le territoire : mise en service du Port sec de Tambacounda et des ports de Ndayane et de Sendou, déploiement des Agropoles Sud et Centre, du Grand Transfert d’Eau et du Réseau Gazier du Sénégal et poursuite du Programme Energies et accélération de la connectivité numérique.
Relance des fleurons nationaux et cohésion sociale
Au-delà des infrastructures neuves, le Psif 2026-2028 s’attaque au redressement des entreprises publiques stratégiques. La Sonacos, Air Sénégal, la Sn La Poste font l’objet d’une attention particulière pour redevenir les moteurs de la souveraineté nationale.
Toutefois, le gouvernement rappelle que cette transformation n’est pas qu’une affaire de chiffres. L’investissement dans le capital humain reste la priorité ultime. En créant des emplois et en améliorant les conditions de vie via des infrastructures sociales, l’Etat vise un renforcement de la cohésion sociale et de la sécurité nationale. «Le succès de cette transformation structurelle reposera sur notre capacité à unifier les efforts des acteurs publics, privés et territoriaux autour d’une même logique de financement», a martelé le Premier ministre.
