Malgré une entame de match courageuse et des séquences prometteuses, les Lions de la Teranga ont fini par plier face à l’efficacité offensive de l’Equipe de France grâce à un doublé de Mbappé. Une défaite frustrante qui laisse des regrets, notamment sur le plan défensif.

Le choc tant attendu a tenu ses promesses en intensité, mais le tableau d’affichage s’est avéré cruel pour les hommes de Pape Thiaw. Dès les premières minutes, le Sénégal a tenté d’imposer un pressing haut pour étouffer le milieu de terrain français. Une stratégie audacieuse qui a failli payer sur deux incursions rapides sur les ailes. Malheureusement, face aux grandes équipes, laisser le moindre espace, ça se paie cash. Contre le cours du jeu, sur leur première véritable opportunité en seconde période, les Bleus ont ouvert le score grâce à une transition rapide et une finition clinique de Mbappé (66e). Ce but a agi comme une douche froide sur les Lions, qui ont dès lors perdu leur maîtrise technique et leur alignement défensif.

Courir après le score face à la France est un exercice périlleux. Si le Sénégal a tenté de réagir en insistant sur le jeu vertical, le bloc français est resté d’une solidité remarquable. Profitant d’une perte de balle coupable dans l’entrejeu sénégalais, les attaquants français ont doublé la mise sur un contre d’école, scellant le score à 0-2 grâce à un piqué de Barcola (82e). Un coup de massue tant le score ne reflétait pas totalement la débauche d’énergie des Lions, qui ont flanché au début de la seconde période.

Le court sursaut d’orgueil des Lions

Il faut noter qu’au retour des vestiaires, les changements tactiques de Deschamps ont étouffé les Lions. Plus agressifs sur les seconds ballons, ils ont logiquement étouffé Mané et Cie. En dépit de la réduction de l’écart à la 95e minute grâce à une superbe frappe de Ibrahim Mbaye, ravivant l’espoir dans les tribunes et sur le terrain, la joie est éphémère. A la 96e minute, sur un ultime contre mené à cent à l’heure, la France a inscrit le troisième but par Mbappé, éteignant définitivement les espoirs sénégalais.

Ce revers 1-3 met en lumière les chantiers prioritaires pour la sélection nationale : si l’impact physique et l’intention de jeu sont là, la rigueur défensive face aux transitions rapides reste le point faible à corriger d’urgence pour les prochaines échéances. Surtout que la Norvège a battu l’Irak, compliquant la tâche à Pape Thiaw, désormais dos au mur.

Edouard Mendy, gardien des Lions

«On n’a pas réussi à mettre en place le plan de jeu, on a été poussifs. On savait qu’il fallait revenir en haussant le niveau, en étant plus tranchants offensivement. Contre ces équipes-là, il faut être pointu offensivement et défensivement. En face, c’est du talent. Maintenant on doit apprendre de ce match. L’opposition n’a pas été trop forte collectivement. On connaît nos qualités, on pouvait faire plus, mais on l’a fait par épisodes. On devait être plus constants avec la balle. On avait une belle opposition en face. La compétition n’est pas terminée, on doit se concentrer sur la Norvège.»

Pape Guèye, milieu des Lions

«A chaud, je ne sais pas ce qui a cloché, on fait des choses bien dans le jeu, on a fait ce qu’a dit le coach. On doit s’améliorer sur beaucoup de choses et tout donner pour gagner les deux matchs restants.»

Kylian Mbappé, capitaine des Bleus

«Il n’y a pas de revanche. Si je commence à jouer pour tous les gens qui me critiquent et les faire taire, je devrai jouer jusqu’à 80 ans. Je joue pour marquer l’histoire de mon pays et faire en sorte que mon équipe soit en finale et gagne la Coupe du monde. Le reste, ça fera toujours partie de mon personnage et de ma carrière en tant que joueur… On a vu les autres équipes, c’est compliqué de commencer par une victoire. Toutes les équipes savent que la Coupe du monde, c’est unique, donc tout le monde veut gagner et donner une bonne image de son pays. Les gens doivent s’enflammer ou critiquer, nous, on doit rester froids et stoïques dans ce qu’on doit faire. Tout va très vite dans une Coupe du monde. Il y a le match contre l’Irak dans six jours où on doit gagner pour se qualifier.»

Didier Deschamps, sélectionneur des Bleus

«Ça soulage. On a eu un peu d’appréhension et de crispation. On a eu un peu de frustration au début… Il y avait une bonne équipe aussi en face. On a pu dérouler un peu plus, en changeant le positionnement de Ousmane (Dembélé) et Michael (Olise). Bradley Barcola a fait mal aussi. Gagner le premier match n’est pas décisif dans une poule à quatre. C’est magique le foot quand on gagne et qu’on peut partager les émotions.»

Pape Thiaw, sélectionneur des Lions

«Il y a des regrets, parce qu’avec plus d’efficacité, on aurait pu rentrer aux vestiaires avec un ou deux buts d’avance. En deuxième période, on a trop subi nos erreurs. La plupart des occasions adverses viennent de nos pertes de balle. Je ne m’inquiète pas une seule seconde, il reste deux matchs, et ce ne sera pas facile. Il nous faut des points pour sortir de la poule. On va tout faire pour gagner contre la Norvège. En Coupe du monde, il faut être clinique. Nous ne l’avons pas été, contrairement à la France qui a su être très efficace pendant son temps fort en seconde période. Il faut se remobiliser. Mes joueurs sont des compétiteurs. On a parfois manqué d’agressivité. On doit l’être davantage sur le porteur. Je ne pense pas que ce soit un problème physique. Tous les joueurs sur le terrain étaient prêts.»